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Responsable américain à i24NEWS : "une opération en Iran n'est qu'une question de temps"
Selon Elliott Abrams, si une attaque devait avoir lieu, elle serait rapide et ciblée, et viserait principalement sur le programme de missiles balistiques de l'Iran


Quelques heures avant de nouvelles discussions diplomatiques à Mascate, la perspective d’une action militaire américaine contre l’Iran refait surface avec insistance. Elliott Abrams, ancien envoyé spécial de Donald Trump pour l’Iran, a confié à i24NEWS qu'une frappe des États-Unis n’est plus qu’une question de temps.
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi doit retrouver à Mascate, capitale d’Oman, des émissaires américains, dont Steve Witkoff et Jared Kushner ce vendredi. Des pourparlers fragilisés, qui ont bien failli échouer la veille, et dont les chances de succès sont jugées très faibles par de nombreux experts.
Interrogé jeudi soir par la chaîne en hébreu d'i24NEWS, Elliott Abrams a estimé que l’option militaire américaine contre l’Iran était de plus en plus probable. Depuis plusieurs semaines, Donald Trump hésite entre deux scénarios : accepter un accord qu’il jugerait insuffisant ou prendre le risque d’une frappe aux conséquences imprévisibles. Le président américain s’est également illustré par son soutien affiché aux manifestations en Iran, appelant publiquement les protestataires à descendre dans la rue et affirmant que "l’aide était en route".
Pour Abrams, l’administration américaine a toutefois compris au fil du mouvement de contestation que les manifestants ne disposaient pas de la capacité réelle de faire tomber le régime des ayatollahs. Mais Trump, rappelle-t-il, garde en mémoire ce qu’il considère comme l’erreur majeure de Barack Obama en 2009, lorsque Washington n’avait pas soutenu ouvertement les manifestations en Iran. Fidèle à sa ligne politique, Trump aurait choisi de prendre le contrepied total de son prédécesseur.
L’ancien diplomate se dit convaincu que le président américain finira par recourir à la force, allant jusqu’à suggérer que l’échec annoncé des négociations pourrait servir de justification politique à une frappe. En revanche, Abrams écarte l’idée qu’une opération aérienne, à elle seule, puisse provoquer la chute du régime iranien.
Selon lui, si une attaque devait avoir lieu, elle serait rapide et ciblée, concentrée principalement sur le programme de missiles balistiques de l’Iran. Une action limitée, conçue pour éviter tout enlisement et surtout pour ne pas exposer les forces américaines déployées dans la région.
À l’approche des discussions de Mascate, les prochaines heures s’annoncent décisives. Une chose fait toutefois consensus parmi Abrams et de nombreux analystes : Donald Trump privilégierait une opération courte, spectaculaire et strictement calibrée, plutôt qu’un engagement militaire prolongé.