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Ukraine : Kaja Kallas veut durcir encore les sanctions contre la Russie
Bruxelles assume une stratégie d’affaiblissement économique de long terme, malgré les capacités d’adaptation et de contournement développées par la Russie.


La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, veut franchir un nouveau cap dans la politique de sanctions contre Moscou. Dans un entretien au quotidien allemand Die Welt, elle annonce préparer pour l’automne « la liste de sanctions la plus ambitieuse depuis le début de la guerre », avec l’objectif d’augmenter d’environ un tiers le nombre d’entités russes visées.
Depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022, l’Union européenne a adopté 21 trains de sanctions, touchant désormais près de 3 000 personnes et entités. Selon Kallas, ces mesures auraient déjà privé l’économie de guerre russe de plus de 1 000 milliards d’euros.
L’enjeu est désormais double. D’un côté, Bruxelles cherche à maintenir une pression financière durable sur les entreprises, institutions et réseaux participant à l’effort militaire russe. De l’autre, l’UE veut éviter que les sanctions existantes ne soient contournées par des sociétés intermédiaires, des circuits commerciaux parallèles ou des partenaires extérieurs.
Cette stratégie montre que l’Europe ne mise pas sur un affaiblissement rapide de Moscou, mais sur une érosion progressive de ses capacités économiques et industrielles. L’efficacité réelle de cette approche reste toutefois débattue : la Russie a adapté une partie de ses échanges, redirigé certains flux vers l’Asie et développé des mécanismes de contournement.
Le projet de Kaja Kallas traduit donc surtout une volonté politique : resserrer davantage l’étau sans engager directement l’Union européenne dans le conflit. Mais plus les sanctions se multiplient, plus leur efficacité dépend de leur application concrète, de la coopération des pays tiers et de la capacité européenne à fermer les failles existantes.
Le prochain paquet sera ainsi autant un test de fermeté qu’un test de crédibilité pour la stratégie européenne face à la Russie.