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Libre-échange: les pays de l'Asie-Pacifique avancent sans les Etats-Unis

China's President Xi Jinping (L) shakes hands with Vietnam's President Tran Dai Quang upon arrival for the APEC Economic Leaders' Meeting
Jorge Silva (POOL/AFP)
Trump avait décidé dès janvier du retrait des Etats-Unis de l'accord de partenariat transpacifique (TPP)

Onze pays de l'Asie-Pacifique ont trouvé samedi un cadre pour un nouvel accord de libre-échange sans les Etats-Unis, au lendemain d'un discours au Vietnam de Donald Trump à la tonalité résolument isolationniste.

Dans une déclaration commune publiée samedi matin, ces pays expliquent "s'être mis d'accord sur les éléments essentiels" pour un nouveau traité, après plusieurs jours d'âpres négociations, en marge du sommet des 21 pays de l'APEC, à Danang au Vietnam.

Il aura fallu des mois à ces pays pour surmonter le tsunami enclenché par l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

Trois jours après son entrée en fonction, le président américain avait en effet décidé du retrait des Etats-Unis de l'accord de partenariat transpacifique (TPP), le plus grand projet de zone de libre-échange jamais conclu.

Jorge Silva (POOL/AFP)

Vu comme un contrepoids à l'influence grandissante de la Chine, ce traité avait été signé en 2015, après des années de difficiles négociations, par 12 pays d'Asie-Pacifique représentant 40% de l'économie mondiale.

Il prévoyait une ouverture substantielle des marchés des produits agricoles pour le Canada, les Etats-Unis et le Japon, que cela soit pour le sucre, le riz, le fromage ou le bœuf.

Il établissait également des mécanismes pour examiner les contentieux entre les investisseurs étrangers et les gouvernements. Et il imposait aussi à des pays comme le Vietnam, le Mexique et la Malaisie d'améliorer les normes de protection des travailleurs.

Autant de questions à renégocier pour les 11 pays car le départ des Etats-Unis, première économie, a rebattu les cartes.

Samedi matin, François-Philippe Champagne, le ministre du Commerce du Canada a salué les "grands progrès" réalisés. Mais le Canada a toutefois précisé dans un communiqué qu'"il restait encore un certain nombre de problèmes en suspens".

Ce pays insisterait notamment sur les clauses progressistes qui avaient été négociées dans le TPP.

JORGE SILVA (POOL/AFP/File)

Influence de la Chine

Traditionnels défenseurs du libre-échange sous des administrations démocrates comme républicaines, les Etats-Unis se sont engagés, sous l'impulsion de Donald Trump, dans un changement de cap radical.

Devant les dirigeants de l'Asie-Pacifique (APEC) réunis à Danang, dans le centre du Vietnam, pour leur forum annuel vendredi, le président américain est resté inflexible.

Il a défendu bec et ongle sa décision, martelant que l'Amérique ne signerait plus de "grands accords" qui l'obligent "à renoncer à sa souveraineté".

Dénonçant "les abus commerciaux chroniques" que les Etats-Unis ne peuvent plus "tolérer", vouant aux gémonies les accords multilatéraux qui "lient les mains" de son pays, Donald Trump a défendu vendredi l'"Amérique d'abord".

Quelques minutes plus tard, dans un contraste saisissant, le président chinois Xi Jinping, s'était posé un grand défenseur de la mondialisation.

Le renforcement de l'influence de la Chine étant l'une des grandes craintes du Japon, le pays a été particulièrement actif dans les négociations pour un nouveau TPP, craignant qu'un nouveau délai ne condamne définitivement l'accord.

Mais le Canada rappelle que ce traité "fixera les termes des échanges commerciaux pour des générations", a expliqué un membre de la délégation canadienne.

Pour Deborah Elms, du Centre asiatique pour le commerce, même sans les Etats-Unis, le TPP sera "l'accord commercial le plus important signé ces 20 dernières années".

Sans les Etats-Unis, le TPP ne représente que 13,5% de l'économie mondiale.

Donald Trump et ses homologues chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine se joindront samedi aux dirigeants de toute la région Asie-Pacifique (APEC) pour des discussions à huis clos.

L'APEC, dont les 21 Etats rassemblent 40% de la population mondiale, compte des membres aussi divers que la Russie, le Pérou ou la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Commentaires

(2)

Il est évident que la Chine défendra par tous les moyens possibles, le libre échange total, sans contraintes ni limites, qui lui permet de profiter au maximum de ce pseudo "libéralisme économique" qui ruine tout doucement les autruches qui n'y comprennent rien. Il faudra commencer par imposer à Pékin, des règles très strictes sur ses investissements à l'étranger, dont on ignore s'il s'agit de capitaux privés ou de capitaux prélevés dans les caisses de l'Etat... Le déficit des USA avec la Chine est colossal, il semble normal que Trump veuille renégocier les conditions commerciales qui permettront aux Etats-Unis de mieux défendre leurs intérêts... Ceux qui ne pensent qu'à lyncher Trump, quoi qu'il dise ou quoi qu'il fasse, le qualifiant de bouffon, de débile profond ou de clown dangereux, oublient juste de rappeler que depuis qu'il a mis en place la politique "d'isolement" de son pays, les USA battent tous les records historiques en matière de bourse, de créations d'emplois, de recul du chômage, d'investissements étrangers, de la stabilisation du marché immobilier, sans parler de la baisse spectaculaire de l'immigration illégale, le tout, avec des taux de croissance qui font fantasmer et baver d'envie, les pays européens frappés par une crise économique interminable... Est-il anormal que Trump défende les intérêts économiques de son pays qui est toujours la première puissance économique du monde, tandis que certains pays ne comprennent toujours pas, la signification de la "mondialisation" ??? Cerise sur le gâteau, Trump ne prend personne en traitre, il ne fait qu'appliquer les engagements qu'il a pris lors de sa campagne présidentielle, avec l'appui de son électorat qui le soutient de façon inconditionnelle dans ses initiatives, dont ils sont les premiers à en profiter... Mieux encore ? La côte de popularité de Trump est supérieure à celle de Macron le Mignon qui se pousse du col pour se faire entendre sur la scène internationale, alors que la France est au plus mal... L'agence française de presse diffuse une fois de plus, une dépêche superficielle qui reprend des clichés usés jusqu'à la corde...

C'est un point de vue mais il semble que barak Obama, dans une vision stratégique à long terme, avait initié le 1er TIPP pour contenir l'expansion chinoise. Elle critiquait cet accord pour cela sans doute. Et maintenant elle y prend toute sa place , les EU restant à l'écart. Conclusion : - la parole des EU est dépréciée, et d'abord pour ses alliés - la Chine a un boulevard devant elle Trump a t'il servi les USA ou la Chine ?

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