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France: une initiative étudiante sur le port du voile à l'université provoque la polémique

Rentrée des étudiants en sciences, le 8 septembre à l'Université d'Aix-Marseille. En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/campus/article/2015/05/20/le-port-du-voile-n-est-pas-une-menace-contre-l-institution-universitaire_4637135_4401467.html#lDHXIgSyIeYR
AFP
"La France a 99 problèmes, mais le hijab n'en est pas un", affiche un panneau en anglais.

Une initiative invitant des étudiants à porter le voile mercredi pour la journée à Sciences-Po Paris afin de le "démystifier" a suscité de vives réactions dans la classe politique.

Devant une table recouverte d'écharpes et voiles dans le hall de l'établissement, une dizaine d'étudiantes à l'origine de ce "Hijab Day" distribuent des tracts. Plusieurs jeunes femmes essaient le voile pour la première fois. "C'est assez léger, c'est confortable", témoigne Lydia, en deuxième année, tandis que d'autres saluent une "démarche de discussion".

"La France a 99 problèmes, mais le hijab n'en est pas un", affiche un panneau en anglais.

"Certaines personnes se trompent sur le message diffusé", estime Laetitia, une des organisatrices, qui porte, elle, le voile quotidiennement. Selon elle, il s'agit "de sensibiliser les gens, d'ouvrir le débat et de redonner la parole aux femmes voilées qui sont souvent dans le débat public mais qu'on n'entend pas".

Le débat sur le voile à l'université avait ressurgi la semaine dernière: Manuel Valls avait estimé qu'il "faudrait" une loi pour l'interdire, mais François Hollande avait aussitôt assuré qu'il n'y aurait "pas d'interdiction". Dans ce contexte, l'initiative étudiante à Sciences-Po a allumé une nouvelle polémique.

"Comme enseignant à @sciencespo, je veux dire ma désapprobation face au #HijabDay. En France, les femmes sont visibles. Non au prosélytisme!", a tweeté le candidat à la primaire à droite Bruno Le Maire. Lui aussi député Les Républicains, Eric Ciotti a dénoncé sur iTÉLÉ une manifestation "scandaleuse", rappelant être pour l'interdiction du voile à l'université.

Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, a dénoncé dans un communiqué un "acte de prosélytisme religieux sans précédent".

"J'ose espérer qu'une telle loi ne passera pas", s'étonne Anaïs, une organisatrice de l'événement, tout en assurant que l'initiative n'avait pas été décidée en réponse aux déclarations de Manuel Valls.

Plusieurs membres du collectif se défendent de tout prosélytisme. "On ne force personne", s'exclame Imen, "c'est politique et social, pas religieux". Pour elle, le port d'une voile était une première: "Je l'ai mis ce matin, dans le métro, il y avait des regards, je me sentais autre, pas forcément méprisée mais autre."

Dans un communiqué, la direction de l'Institut d'études politiques de Paris a estimé "légitime" de porter ce débat au sein de l'établissement mais que sa tenue "dans les murs de Sciences-Po ne saurait être interprétée comme un quelconque soutien de l'école".

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Commentaires

(1)

Qui dit "NATION" dit cohésion sociale et surtout "volonté pour une communauté de personne de vivre ensemble". Sommes-nous sûr, au regard de ce qui précède que le peuple français veut vivre avec deux catégories de femmes dans ce qui est sensé être une seule nation? Le fait pour ces femmes musulmanes de porter leur "hijab" n'a-t-elle pas pour portée de porter atteinte à la "laïcité" prônée par la constitution française. Un référendum-plébiscite est normalement requis pour ce genre de question sociale aussi importante que majeure.

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