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L'Etat islamique revendique l'attaque de Londres

Les enquêteurs autour du véhicule utilisé pour l'attaque, le 22 mars 2017 à Londres
Daniel LEAL-OLIVAS (AFP)
L'auteur de l'attentat, né au Royaume-Uni, était connu des services de sécurité

Les jihadistes de l'Etat islamique (EI) ont revendiqué jeudi l'attentat à proximité du Parlement britannique qui a fait trois morts la veille à Londres, première attaque sur le sol britannique que s'attribue ce groupe extrémiste.

"L'auteur de l'attaque en face du Parlement britannique à Londres est un soldat de l'EI et l'opération a été menée en réponse à l'appel à frapper les pays de la coalition" internationale antijihadistes, a affirmé Amaq, l'agence de propagande de l'EI, citant "une source de sécurité".

La police britannique, qui a arrêté 8 personnes, avait indiqué dès mercredi privilégier la piste du "terrorisme islamiste".

Selon la Première ministre Theresa May, l'assaillant, abattu lors de l'attaque, est né au Royaume-Uni et était un "extrémiste connu des services de renseignement".

"Il y a quelques années il a fait l'objet d'une enquête du MI5" (service de renseignement intérieur) en lien avec "l'extrémisme violent", a dit Mme May, ajoutant qu'il était alors "un personnage périphérique" dans cette enquête.

Selon le Guardian, il ne figurait pas sur la liste du MI5 des 3.000 personnes les plus susceptibles de commettre un acte terroriste. 

La police refuse de communiquer l'identité de l'assaillant pour ne pas gêner l'enquête.

Mercredi en début d'après-midi, cet homme barbu et vêtu de noir a lancé sa voiture contre la foule sur un trottoir du pont de Westminster, qui enjambe la Tamise face à Big Ben, tuant deux personnes - un homme d'une cinquantaine d'années et une femme d'une quarantaine d'années - et en blessant plusieurs dizaines.

Il a ensuite poignardé à mort un policier après avoir réussi à entrer dans la cour du Parlement, symbole de la démocratie britannique, avant d'être abattu par la police.

Le scénario de Londres aurait pu se répéter 24 heures plus tard en Belgique, où un homme a été arrêté jeudi après avoir tenté de foncer dans la foule sur la principale artère commerçante d'Anvers, a annoncé la police, sans faire état de blessés.

Justin TALLIS                        (AFP)

"Nous n'avons pas peur"

Résolue à afficher sa détermination face à l'attaque la plus meurtrière depuis douze ans au Royaume-Uni, la Chambre des Communes, au grand complet, a observé une minute de silence avant de reprendre jeudi matin ses travaux.

"Nous n'avons pas peur", a clamé Theresa May en s'adressant aux députés, ajoutant que la démocratie allait "toujours triompher".

"Cet acte de terrorisme a échoué car nous sommes ici et nous allons reprendre notre travail", a abondé une députée de l'opposition travailliste, Harriet Harman.

La Première ministre a souligné que l'attentat ne remettait pas en cause le déclenchement officiel du Brexit, prévu mercredi prochain.

Commise un an jour pour jour après les attentats de Bruxelles qui ont fait 32 morts, l'attaque rappelle celles de Nice (France, 86 morts) et Berlin (12 morts), toutes deux revendiquées en 2016 par le groupe Etat islamique et déjà commises en lançant un véhicule contre la foule.

La police britannique a indiqué avoir procédé dans la nuit à huit arrestations à six adresses différentes à Birmingham, Londres et ailleurs dans le pays. Une opération d'envergure a eu lieu en particulier à Birmingham (centre), deuxième ville du pays et un des principaux repaires des islamistes britanniques. Mohamed Abrini, "l'homme au chapeau" des attentats de Bruxelles l'an dernier et suspect-clé des tueries de Paris en novembre 2015 y avait séjourné.

"L'homme de Londres habitait ici", a assuré un témoin du raid policier d'un appartement de Birmingham à l'agence Press Association.

Selon plusieurs médias, la voiture utilisée par l'assaillant pour faucher les piétons sur le pont de Westminster a été louée à Birmingham.

Selon une source diplomatique en Espagne, la femme décédée dans l'attaque est une mère de famille britannique dont la mère est espagnole.

Vingt-neuf personnes, dont de nombreux touristes, ont été hospitalisées. Sept sont toujours dans un état critique, a indiqué la police. Parmi les blessés figurent trois élèves français du lycée Saint-Joseph de Concarneau (ouest), en voyage scolaire, dont deux sont dans un état grave.

Daniel LEAL-OLIVAS (AFP)

Veillée aux chandelles

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a rencontré jeudi matin leur famille. Il a dénoncé une "attaque contre le coeur de la démocratie" avant de se rendre au Parlement.

Quatre touristes sud-coréens, deux Roumains, deux Grecs, un Portugais, un Italien, un Américain, un Chinois et un Irlandais ont également été blessés.

C'est l'attaque la plus meurtrière au Royaume-Uni depuis les attentats suicide du 7 juillet 2005, revendiqués par des sympathisants d'Al-Qaïda, qui avaient fait 56 morts dans les transports en commun londoniens.

"Londres est déjà passée par là et sait encaisser le coup", a souligné le ministre de Défense Michael Fallon. "Les Londoniens ne se laisseront pas intimider par le terrorisme", a renchéri le maire de Londres, Sadiq Khan.

Une veillée aux chandelles était prévue dans la soirée sur Trafalgar Square en mémoire des victimes.

Le périmètre autour du palais de Westminster, coeur politique et touristique de la capitale, était toujours bouclé jeudi.

"Mes pensées et mes prières, ainsi que ma plus profonde sympathie, vont à tous ceux qui ont été affectés par l'horrible violence", a déclaré la reine Elizabeth II.

Selon Scotland Yard, les services de sécurité britanniques ont déjoué 13 tentatives d'attentats depuis juin 2013. "Ce genre d'attaque, au moyen d'objets de la vie quotidienne, est incroyablement difficile à prévenir", a souligne Emily Winterbotham, spécialiste de l'extrémisme au cercle de réflexion spécialisé RUSI.

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