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Champs-Elysées: Karim Cheurfi, un récidiviste de l'attaque de policiers

Un policier près du lieu de la fusillade sur les Champs Elysées à Paris le 20 avril 2017
FRANCK FIFE (AFP)
François Hollande, Bernard Cazeneuve et Matthias Fekl se sont rendus au chevet du policier grièvement blessé

Abattu après avoir tué un policier et blessé deux autres grièvement, Karim Cheurfi, 39 ans, était un récidiviste, manifestement obsédé par l'idée de s'en prendre aux forces de l'ordre, mais ne présentait aucun lien avec l'islamisme.

Il était cependant bien connu des services de renseignements, de la police et de la justice. Né à Livry-Gargan en Seine-Saint-Denis, Karim Cheurfi avait été condamné en février 2005 en appel à quinze ans de réclusion pour avoir tenté de tuer un élève gardien de la paix portant un brassard police et le frère de celui-ci.

Les faits remontaient à 2001: Karim Cheurfi, circulant à Roissy-en-Brie (Seine-et-Marne) au volant d'une voiture volée, avait pris la fuite après avoir percuté un autre véhicule. Armé d'un revolver, il avait grièvement blessé les deux frères qui tentaient de le rattraper. Deux jours plus tard, il avait tenté de tuer un autre policier dont il s'était saisi de l'arme durant sa garde à vue.

Après sa détention, il avait été de nouveau condamné en 2014 pour vol aggravé à Meaux à quatre ans de prison dont deux ans de sursis avec mis à l'épreuve. Il était retourné en prison, d'où il en sort en 2015.

Karim Cheurfi avait été arrêté le 23 février par la police judiciaire de Meaux, soupçonné de vouloir tuer des policiers. Mais il avait été relâché le lendemain à l'issue de sa garde à vue, faute d'éléments, selon des sources proches de l'enquête.

Depuis mars, il était visé par une enquête antiterroriste confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), mais n’était pas fiché S.

Trois membres de son entourage sont interrogés en garde à vue par les services antiterroristes vendredi selon une source judiciaire.

Ces trois personnes se trouvaient aux domiciles perquisitionnés par les enquêteurs durant la nuit de jeudi à vendredi.

La fusillade meurtrière a été très rapidement revendiquée par l'organisation terroriste Etat islamique qui a immédiatement identifié et communiqué le nom l'auteur de l'attentat.

"L'auteur de l'attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c'est un des combattants de l'Etat islamique", a écrit l’agence de propagande de l’EI Amaq.

Un mot manuscrit défendant "Daech" a par ailleurs été retrouvé près du tueur selon des proches de l'enquête.

THOMAS SAMSON (AFP)

Dans le même temps, un homme qui avait été signalé jeudi par les services belges à leurs homologues français et soupçonné d'être en lien avec l'attentat, s'est présenté dans un commissariat d'Anvers, a indiqué vendredi le ministère français de l'Intérieur.

"L'homme faisant l'objet d'un avis de recherche diffusé par les autorités belges s'est présenté dans un commissariat d'Anvers" (nord de la Belgique), a déclaré le porte-parole du ministère Pierre-Henry Brandet.

L'homme signalé par les Belges "est-il lié de près ou de loin à ce qui s'est passé sur les Champs-Élysées? Je ne peux pas vous le dire (...), il y a un certain nombre d'informations à vérifier", avait-il indiqué avant d'ajouter: "on ne peut se permettre de fermer aucune porte."

Selon une source proche de l'enquête sur l'attentat des Champs-Élysées, l'homme signalé par les Belges, âgé de 35 ans et présenté comme "très dangereux", devait être entendu dans un dossier belge. Lors d'une perquisition, les autorités belges avaient trouvé un billet de train Thalys pour la France en date du 20 avril 2017, des armes à feu et des cagoules.


Après une réunion d'urgence plus tôt dans la matinée du Conseil de défense au palais présidentiel pour faire le point sur la situation, le président François Hollande, le Premier ministre Bernard Cazeneuve, et le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl se sont rendus au chevet du policier grièvement blessé dans l'attentat, à l'Hôpital européen Georges-Pompidou.

"Le chef de l'Etat s'est entretenu pendant quelques minutes avec le policier", rencontrant également le personnel soignant, a-t-on indiqué de même source.

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