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Meurtre de Sarah Halimi: le Consistoire se constitue partie civile

Interview avec Joël Mergui, président du Consistoire central israélite de France, le 27 avril 2017
i24NEWS
L'agresseur "n'a cessé d'implorer Allah tout en massacrant sa voisine, la seule femme juive de l'immeuble"

Le Consistoire a décidé de se constituer partie civile dans l'enquête du meutre de Sarah Halimi, une femme juive défenestrée à Paris, a annoncé jeudi son président Joël Mergui, qui estime "plus que légitime de s'interroger sur le caractère antisémite du meurtre".

Une information judiciaire a été ouverte le 14 avril par le parquet de Paris pour "séquestration et homicide volontaire", sans viser la circonstance aggravante de la motivation antisémite, a indiqué une source judiciaire. Pour autant, cette hypothèse n'est pas écartée et les faits seraient requalifiés si elle était avérée, a ajouté cette source.

La victime, Sarah Halimi, 65 ans, avait été retrouvée morte le 4 avril après avoir été défenestrée par son voisin qui s'est introduit chez elle et l'a projetée par la fenêtre du troisième étage.

L'homme de 27 ans, qui aurait d'abord rouée de coups la victime, a été interné d'office le lendemain en hôpital psychiatrique et n'a pu à ce stade être interrogé par les enquêteurs.

Les principales autorités juives avaient été reçues le 7 avril par le procureur de la République à Paris, François Molins, pour évoquer l'enquête sur cet homicide qui a provoqué de vives réactions dans la communauté.

Une marche blanche avait réuni deux jours plus tard un millier de personnes dans le nord-est de la capitale.

Noémie Fitoussi

"A la lumière des faits et des déclarations de témoins oculaires fiables (...), je viens de demander que le Consistoire central se constitue partie civile aux côtés de la famille, car il est fondamentale que la communauté juive ainsi que la famille aient une réponse ", a déclaré Joël Mergui à i24NEWS.

"Or en tant que partie civile, nous aurons accès au dossier et nous pourrons donc savoir de manière plus précise ce qu'il s'est exactement passé", a-t-il ajouté.

Selon le président de l'instance de représentation cultuelle de la communauté juive, l'agresseur "n'a cessé d'implorer Allah tout en massacrant sa voisine juive", projetée d'un balcon "aux cris répétés d'Allah Akbar".

"Sarah Halimi était la seule femme juive de l'immeuble", a-t-il précisé.

D'après le récit fait par des proches aux enquêteurs, le suspect, domicilié chez ses parents dans la même résidence que la victime, était "dans un état second" depuis la veille au soir.

Avant de s'attaquer à Sarah Halimi, le suspect était sous l'emprise de la drogue et a d'abord tenté de s'attaquer à une famille d'origine malienne habitant à l'étage du dessous, avait révélé Joël Mergui à i24NEWS.

Dans la nuit, il avait débarqué avec violence chez des amis de sa famille, récitant des prières, puis était passé par le balcon dans l'appartement mitoyen de la victime, a ajouté une source proche du dossier.

"Je refuse le facile prétexte de la folie pour un assassin qui a tenté de faire passer la défenestration de sa victime pour un suicide auprès des témoins impuissants à agir", a ajouté le président du Consistoire, qui dit avoir "toute confiance" dans le procureur Molins pour faire la lumière sur cette affaire.

(Avec agence)

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