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#Balancetonporc: "Les langues se sont déliées assez rapidement"

Un appel à dénoncer le harcèlement sexuel au travail est devenu viral sur Twitter, sous le hashtag #balancetonporc
LOIC VENANCE (AFP/Archives)
"Ce sont des situations qui existent dans tous les milieux, dans tous les genres"

En plus d'avoir suscité une vague d'indignation dans le monde entier, le scandale visant le célèbre producteur américain Harvey Weinstein a également eu pour effet de libérer la parole des victimes de harcèlement sexuel, et de dénoncer ce type d'agression au travail.

Initié par la journaliste Sandra Muller, le hashtag #balancetonporc, devenu viral ce weekend sur Twitter en France, a été utilisé par de nombreuses personnes – anonymement pour la grande majorité – pour recueillir des témoignages de personnes ayant été victimes d'un "harceleur sexuel que tu as connu dans ton boulot".

Bien qu'elle ait été "un déclencheur", Sandra Muller souligne que "le succès (sur Twitter) je ne le dois pas au hashtag que j'ai lancé, je le dois vraiment aux témoignages que j'ai reçus", a-t-elle raconté à i24NEWS.


L'idée de ce hashtag lui est venue après les révélations de l'affaire Weinstein, un puissant producteur hollywoodien accusé d'harcèlement sexuel, agressions ou viol par une trentaine de femmes, et notamment après la Une d'un article dans Le Parisien qui dénonçait Weinstein "le porc".

"Ce hashtag a quand même une connotation un peu humoristique, et en même temps très violente, elle parle aux gens, elle est extrêmement populaire", a précisé Mme. Muller.

Dimanche, à 13H00, le hashtag #balancetonporc cumulait 26.900 tweets. Figurant depuis minuit dans le top 10 des hashtags les plus populaires, il était passé numéro un à 6H00.


"Les langues se sont déliées assez rapidement", a constaté Sandra Muller, révélant à i24NEWS que l'un des premiers témoignages de soutien avait été de la part d'un grand chef d'entreprise.

"Ce sont des situations qui existent dans tous les milieux dans tous les genres, ça touche les hommes, les gay, les lesbiennes", a également dénoncé la journaliste.

Ce n'est pas la première fois que le sexisme au travail ou le harcèlement de rue est dénoncé sur internet. Plusieurs sites à l'image de "Paye ta blouse", lancé en janvier par deux étudiantes en médecine, témoignent du quotidien de nombreuses femmes, entre blagues grasses et franches allusions sexuelles.

Mais, à chaque fois, les affaires médiatisées, comme aujourd'hui le scandale Harvey Weinstein, réveillent la parole des femmes. "Le plus triste en fait, c'est qu'on ait toutes une anecdote", a noté dimanche une internaute sur Twitter.

Travail législatif

"Je pense qu'il faudrait travailler à un niveau législatif, peut-être que le gouvernement et Emmanuel Macron peuvent nous entendre et je suis sûr qu'il sera extrêmement ouvert à ce genre de problématique car que je crois que c'est une cause qu'il défend aussi", a déclaré à i24NEWS Sandra Muller.

Lors de son discours dimanche soir, le président Macron a souhaité la mise en oeuvre d'une "procédure de verbalisation plus simple" des actes de harcèlement "pour qu'il y ait une réponse immédiate", en déplorant qu'"aujourd'hui, bien souvent, on ne va pas porter plainte, parce qu'on n'ose pas". Il a également affirmé avoir "engagé les démarches" afin que la Légion d'Honneur soit retirée au producteur américain.

PHILIPPE WOJAZER (POOL/AFP)

La secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a quant à elle annoncé dans le journal La Croix que le gouvernement présenterait l'an prochain au Parlement un projet de loi "contre les violences sexistes et sexuelles", notamment sur mineurs.

Ce projet de loi devrait "acter l'allongement" des délais de prescription pour les crimes sexuels sur mineurs et "instaurer un non-consentement présumé" des enfants en matière de relation sexuelle, deux sujets sur lesquels des propositions de loi ont déjà été déposées.

Il devrait aussi "sanctionner" le harcèlement de rue et Mme Schiappa reste ouverte à "toute question qui émergera des discussions", a-t-elle expliqué.

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