Quantcast i24NEWS - François Hollande fustige la réforme de l'ISF d'Emmanuel Macron

François Hollande fustige la réforme de l'ISF d'Emmanuel Macron

Former French leader Francois Hollande's first speech on international affairs since leaving the Élysée in May touched on global issues including climate change, economic protectionism and populist politics
Handout (Maeil Business Newspaper/AFP)
"La fiscalité, c’est un facteur de cohésion nationale et sociale", a déclaré l'ancien chef de l'Etat

L'ancien président français François Hollande a mis en garde contre "une fiscalité allégée pour les riches et alourdie pour les plus modestes ou les classes moyennes", s'exprimant lundi lors d'une conférence à Séoul (Corée du Sud), alors que l'examen du premier budget du quinquennat Macron débute mardi à l'Assemblée nationale, une réforme de l'ISF à la clé.

"Si dans un pays l'idée s'installe qu'il y a une fiscalité allégée pour les riches et alourdie pour les plus modestes ou les classes moyennes, alors c'est la capacité qu'il a à se mobiliser pour son avenir qui se trouve mise en cause", a déclaré l'ancien président en réponse à une question, après un discours axé sur les enjeux géopolitiques pour l’avenir à la conférence du "World Knowledge Forum", la première à laquelle il participe depuis son départ de l'Elysée en mai dernier.

"La politique fiscale doit favoriser l'investissement, pas la rente. Je ne suis pas contre la réussite, mais elle ne doit pas être celle de ceux qui s'enrichissent en dormant. Ceux qui travaillent doivent avoir le bénéfice de leurs efforts et je ne vois pas pourquoi il faudrait consentir des largesses aux contribuables qui savent placer très opportunément leur argent", a-t-il également lancé.

Une référence, il le rappelle lui-même, à la citation de François Mitterrand qui déclarait en 1990: "Aujourd'hui, on peut s'enrichir en dormant, il suffit d'être propriétaire de bonnes valeurs mobilières ou propriétaire de bons terrains, ou de bons locaux et il suffit de regarder le temps passer".

Des relations glaciales

Lors de son premier entretien télévisé depuis son arrivée à l'Elysée, Emmanuel Macron, désireux de s'exprimer face aux Français, a défendu dimanche soir sur TF1 et LCI devant 10 millions de téléspectateurs son projet de supprimer la part non immobilière de l'ISF.

Le président jupitérien en a profité pour fustiger la "jalousie" française envers les riches et a critiqué sans le nommer son "prédécesseur", François Hollande, lançant de nombreuses piques à son encontre.


France : Zoom sur la première interview... by i24news-fr

"Quand il s'est agi pour la France, à un moment particulièrement difficile avec la crise des subprimes, des déficits qui s'étaient alourdis, de réduire les déficits, j'ai fait appel à la fiscalité. Mais quand il y a eu le retour à la croissance, j'ai fait baisser les impôts des catégories moyennes, qui sont les plus importantes, et j'ai maintenu une fiscalité relativement élevée pour les grandes fortunes", s'est justifié François Hollande.

"Je pense que c'est un facteur qui permet de faire le consensus et d'éviter qu'il y ait une contestation du modèle même que nous voulons promouvoir, celui d'une économie ouverte. J'insiste beaucoup sur le fait que si le chantage est de partir de son pays pour les plus riches, quel exemple donné à la jeunesse, quel exemple donné aux classes laborieuses! Il y a une nécessité de prendre sa part à l'effort national, c'est pourquoi je dissuade bien sûr d'avoir des prélèvements confiscatoires, mais je pense qu'il est utile d'avoir une fiscalité juste dans un pays", a-t-il développé.

La mondialisation, a relevé l'ancien président français, "a incontestablement augmenté les inégalités à mesure que la croissance elle-même progressait. Nous avons donc une croissance qui est inégalitaire avec une concentration de la richesse sur un nombre limité de personnes. Il faut donc avoir une politique de redistribution par la fiscalité".

CHARLES PLATIAU / AFP

"Le dilemme, c'est que chaque fois qu'on peut taxer la richesse, elle peut maintenant se délocaliser. Il faut prendre en compte ces risques et en même temps ne pas renoncer à réduire les inégalités parce que la fiscalité est un facteur de cohésion nationale et sociale", a-t-il insisté.

Si généralement François Hollande ne s'exprime pas publiquement sur la politique de son successeur, l'entourage de l'ancien président soutient que les relations entre les deux hommes sont glaciales, particulièrement depuis l'interview d'Emmanuel Macron dimanche hostile à son "prédécesseur".

Selon le quotidien français Le Parisien, François Hollande s’indigne même en privé qu’Emmanuel Macron lui ait "fait un croche-pied". Il ne lui "passera rien", affirme un proche de l'ancien président au journal.

L'intervention de François Hollande intervient à un moment où Emmanuel Macron ne parvient pas à se dégager de l'étiquette de "président des riches", qui s'était attachée auparavant à Nicolas Sarkozy tout au long de son mandat. De plus, le gouvernement devra défendre devant l'Assemblée nationale mardi son premier budget, séance au cours de laquelle l'ISF devrait occuper une grande partie du débat.

Commentaires

(2)

Que M. Macron fasse son travail et ce qu’il a annoncé respectivement promis! Une certaine France n’est jamais contente, c’est pas toujours la même mais il ne faut pas qu’il se décourage. Hollande a tenu les rênes , à en- dessous de 30 % de Français satisfaits, pendant plus de 80 % de sa Presidence..L’Histoire et le Prestige font les grands Présidents: Depuis De Gaulle, aucun grand President pour la Droite, depuis Mitterand , aucun grand Président pour la Gauche!

le pire est que Hollande croit qu'il pourra revenir

8Article précédentCatalogne: deux dirigeants indépendantistes emblématiques placés en détention
8Article suivantUn avion de chasse F-18 s'écrase au décollage près de Madrid