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Jean-Marie Le Pen exclu du FN: la justice réexamine le dossier lundi

Jean-Marie Le Pen is being investigated for alleged "public defamation" with a racist nature over remarks made in August 2009
Franck Pennant (AFP/File)
Il avait été exclu en 2015 en raison notamment de ses propos réitérés sur les chambres à gaz.

Le Front national sera-t-il contraint de rouvrir ses portes à Jean-Marie Le Pen? La cour d'appel de Versailles réexamine lundi cette épineuse question pour dire si le dirigeant banni doit réintégrer le parti qu'il a cofondé.

Suspendu du FN en mai 2015, Jean-Marie Le Pen avait été exclu trois mois plus tard, en raison notamment de ses propos réitérés sur les chambres à gaz, décrites comme un "détail" de l'Histoire de la Seconde Guerre mondiale, ce qui lui a valu une condamnation à 30.000 euros d'amende, ou de sa défense du maréchal Pétain.

Des provocations jugées pénalisantes pour la stratégie de "dédiabolisation" menée par sa fille à la tête du parti.

Le parti d'extrême-droite avait fait appel de la décision rendue à l'automne 2016 par le tribunal de grande instance de Nanterre qui lui intimait de conserver M. Le Pen comme président d'honneur du FN, tout en confirmant son exclusion en tant que membre.

Une décision alors jugée "aberrante" par sa propre fille, Marine Le Pen, qui a succédé à son père à la tête du parti en 2011.

"Comment est-il possible d'être exclu et de rester, en même temps ?", s'est à nouveau interrogé Me Georges Sauveur, avocat du FN.

STEPHANE DE SAKUTIN (AFP)

La décision du tribunal de Nanterre pouvait sembler paradoxale: les juges avaient estimé qu'en excluant le "Menhir", le FN avait agi conformément à ses statuts.

Mais, demeurant "investi" de sa qualité de président d'honneur, il devait continuer à "être convoqué en qualité de membre de droit de toutes les instances" statutaires du parti et pouvoir y participer sous peine d'astreinte pour le FN.

"Aucune disposition statutaire ne précise que le président d'honneur doit être membre du Front national", soulignaient ainsi les juges de première instance.

Le FN avait en outre été condamné à verser 15.000 euros de dommages et intérêts à M. Le Pen, qui en demandait deux millions.

"Bouée de sauvetage"

"Nous attendons de cette audience que la qualité d'adhérent de Jean-Marie Le Pen lui soit restituée" et que "les droits de la présidence d'honneur dont il est investi soient une fois de plus confirmés par la justice", a dit son conseil, Me Frédéric Joachim.

"Le FN a ignoré souverainement toutes les décisions de justice rendues au sujet de la présidence d'honneur et s'est abstenu de convoquer Jean-Marie Le Pen à toutes les instances dont il est membre de droit, se faisant ainsi justice lui-même", a déclaré l'avocat.

Ce cinquième round judiciaire survient alors que Mme Le Pen a engagé au soir du second tour perdu de la présidentielle une "refondation" du parti frontiste, qui doit se parachever au congrès du FN à Lille en mars prochain.

Miguel Medina (AFP)

Jean-Marie Le Pen pourrait être "la bouée de sauvetage de quelque chose qui coule", selon son avocat, pas pour être à nouveau candidat mais "peut-être être au centre d'une refondation et ensuite passer la main à nouveau".

Mais père et fille ne "se parlent plus" et la présidente du FN n’évoque jamais ce dossier à la fois personnel et politique, selon une source proche du parti.

Jean-Marie Le Pen, aujourd'hui âgé de 89 ans, a prévu de se rendre à l'audience lundi, selon Me Joachim.

A trois reprises en 2015, la justice avait donné raison à M. Le Pen, d'abord en annulant sa suspension du parti puis en suspendant, par deux fois, le congrès par correspondance censé supprimer le poste de président d'honneur, créé en 2011 lorsque sa fille avait pris la tête du parti.

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