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Allemagne: une ex-secrétaire d'un camp de concentration devant ses juges à 96 ans

AFP

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Salle d'audience où s'est déroulé le procès contre un ancien gardien SS au camp de concentration de Stutthof, le 19 juin 2020 à Hambourg, dans le nord de l'Allemagne
Axel Heimken / POOL / AFPSalle d'audience où s'est déroulé le procès contre un ancien gardien SS au camp de concentration de Stutthof, le 19 juin 2020 à Hambourg, dans le nord de l'Allemagne

Ce procès sera suivi par celui d'un centenaire, un ancien gardien du camp nazi de Sachsenhausen

Soixante-seize ans après la libération des camps nazis, une ancienne secrétaire d'un camp de concentration âgée de 96 ans est jugée à partir de jeudi en Allemagne, l'un des derniers procès d'anciens nazis encore en vie.

Hautement symbolique, l'affaire est examinée à la veille du 75e anniversaire de la condamnation à mort par pendaison par le tribunal de Nuremberg de 12 des principaux dirigeants du Troisième Reich.

Ce procès sera également suivi par celui, à partir du 7 octobre, d'un centenaire, un ancien gardien du camp nazi de Sachsenhausen, près de Berlin.

Agée à l'époque des faits de seulement 18 à 19 ans, la nonagénaire Irmgard Furchner, qui vit dans une résidence pour personnes âgées près de Hambourg, sera jugée par une Cour spéciale pour jeunes.

Devant le tribunal de Itzehoe, dans le nord de l'Allemagne, elle doit répondre de "complicité de meurtre dans plus de 10.000 cas", selon le Parquet.

L'accusation lui reproche d'avoir participé au meurtre de détenus dans le camp de concentration de Stutthof, dans la Pologne actuelle, où elle travaillait comme dactylographe et secrétaire du commandant du camp, Paul Werner Hoppe, entre juin 1943 et avril 1945.

Dans ce camp proche de la ville de Gdansk où périrent 65.000 personnes, "des détenus juifs, des partisans polonais et des prisonniers de guerre soviétiques" ont été systématiquement assassinés, selon le Parquet.

Elle est également poursuivie pour "complicité dans des tentatives de meurtres".

Quelque 30 parties civiles dont une grande majorité venue de l'étranger sont attendues lors des audiences qui doivent s'étaler au moins jusqu'à juin 2022.

Peu d'informations ont circulé sur l'accusée qui ne s'est pas exprimée jusqu'ici sur les faits qui lui sont reprochés. 

Mais selon l'avocat Christoph Rückel, qui représente depuis des années des survivants de la Shoah, "elle a tenu l'ensemble de la correspondance du commandant du camp". "Elle a aussi tapé à la machine les ordres d'exécution et de déportation et apposé ses initiales", a-t-il assuré sur la chaîne régionale publique NDR.  

Pour son avocat, Wolf Molkentin, elle ignorait le sort exact des détenus. "Ma cliente aurait travaillé au milieu de SS expérimentés dans la violence. Mais devait-elle partager leur niveau de connaissance ?", s'est-il interrogé dans un entretien au Spiegel.

"A mon avis, ce n'est pas forcément évident", a-t-il ajouté, insistant sur le recours à des termes "codés" dans les échanges épistolaires entre responsables de la machine de mort nazie "de telle manière qu'une secrétaire ne pouvait pas nécessairement les décoder", selon lui.