Un leader juif britannique démissionne suite à des commentaires sur la "guerre contre l'Islam"

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Image d'illustration / Les drapeaux de l'Union britannique flottent sur le Mall menant au palais de Buckingham (en arrière-plan) dans le centre de Londres, le 22 juillet 2013.
Justin Tallis (AFP)Image d'illustration / Les drapeaux de l'Union britannique flottent sur le Mall menant au palais de Buckingham (en arrière-plan) dans le centre de Londres, le 22 juillet 2013.

Gary Mond a démissionné après la révélation de ses activités passées sur les réseaux sociaux

Un membre éminent de la principale organisation communautaire des Juifs britanniques a démissionné après avoir été suspendu pour avoir publié des messages sur les réseaux sociaux jugés "hostiles" aux musulmans, a rapporté le Jewish Telegraphic Agency.

Gary Mond, vice-président du Board of Deputies of British Jews et trésorier de la branche britannique du Jewish National Fund, une organisation caritative pro-israélienne engagée dans le renforcement de l'État juif, avait écrit sur Facebook que "toute civilisation" était "en guerre contre l'islam", parmi d'autres activités sur les réseaux sociaux révélées par une enquête.

"Des personnes clés du conseil d'administration ont clairement fait savoir qu'elles ne souhaitaient plus travailler avec moi, ce qui force effectivement ma décision", a annoncé M. Mond dans sa déclaration de démission jeudi, selon le Jewish Chronicle of London. 

Il a accusé le Conseil, un groupe de coordination dont les députés élus représentent différentes organisations juives britanniques, de "faire taire les opinions divergentes".

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La suspension de M. Mond fait suite à un rapport publié mercredi par The Jewish News of London sur ses interactions sur les réseaux sociaux au cours des dernières années. 

The Jewish News a découvert que M. Mond avait "aimé" sur Facebook deux posts de Pamela Geller, une activiste juive-américaine anti-islam. Un post de 2017 déplorait la perte de la candidate de droite Marine Le Pen aux élections présidentielles françaises, et un autre critiquait un "groupe musulman"

Dans sa déclaration, M. Mond a écrit : "Je m'excuse pour toutes les blessures causées à la suite de mon activité Facebook datant de plusieurs années. Cependant, cela ne peut pas être une justification pour toute tentative de faire taire d'autre mode de pensée."

"J'ai une vision très positive des communautés musulmanes de ce pays et je suis ravi de travailler avec elles. Je m'oppose et condamne uniquement ceux qui souhaitent faire du mal à ceux de la communauté juive et d'autres communautés", a-t-il poursuivi.

Il a accusé le Conseil de mener une "politique de gauche" qui ne correspond pas aux visions de la plupart des Juifs britanniques. 

"Le Conseil est confronté à une crise de légitimité, et son comportement à mon égard le démontre", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le directeur de JNF UK, Samuel Hayek, est impliqué dans une autre controverse concernant ses propres déclarations sur l'Islam, faites le mois dernier lors d'une interview avec le Jewish News. Dans cette interview, M. Hayek a déclaré que les Juifs n'avaient "aucun avenir" au Royaume-Uni en raison de l'augmentation de l'immigration musulmane.

La Commission britannique des organismes de bienfaisance, un organisme de réglementation gouvernemental, a lancé une enquête sur JNF UK à la suite de la controverse, selon le Jewish News.

"Le processus est que peut-être dans 10 ans, peut-être moins, qui sait, les Juifs ne pourront plus vivre au Royaume-Uni. Je ne pense pas que quiconque puisse arrêter cela", a-t-il estimé, en répondant à une question sur l'avenir de la communauté juive britannique.

"La preuve en est le nombre d'immigrants en Angleterre. La démographie de la société britannique est en train de changer. Les événements historiques sont parfois longs à identifier. Il est clair que l'Angleterre change. Si vous regardez la France avec des chiffres, personne n'aurait cru il y a 20 ans que l'état de la communauté juive serait tel aujourd'hui", a ajouté M. Hayek.