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Procès Abdeslam à Bruxelles : 20 ans requis contre les deux prévenus

Abdeslam signalled his defiance by refusing to stand when asked by the judge and saying he would not cooperate.
Benoit PEYRUCQ (AFP)

Une même peine de 20 ans de prison assortie d'une période de sûreté des deux tiers a été requise lundi à Bruxelles à l'encontre de Salah Abdeslam et du complice de sa fuite, Sofiane Ayari, accusé comme lui d'avoir tiré sur des policiers en mars 2016.

Il s'agit de la peine maximale prévue devant le tribunal correctionnel pour tentative d'assassinat contre des policiers, a précisé la représentante du parquet fédéral Kathleen Grosjean. "C'est une véritable scène de guerre à laquelle les policiers ont été confrontés. (...) C'est un miracle qu'il n'y ait pas eu de mort" parmi eux, a-t-elle dit.

Le premier procès de Salah Abdeslam, dernier membre encore vivant des commandos djihadistes qui ont attaqué Paris le 13 novembre 2015, s'est ouvert lundi à Bruxelles en sa présence, pour sa participation présumée à une fusillade dans la capitale belge avec des policiers à la fin de sa cavale en mars 2016.

Salah Abdedslam, barbu et vêtu d'une veste gris clair et d'un pantalon noir, n'a pas souhaité répondre aux questions du tribunal. "Je ne souhaite pas répondre", a-t-il dit, refusant même de se lever à l'invitation de la juge qui préside les débats, Marie-France Keutgen.

Il a aussi fait savoir par le biais de son avocat qu'il souhaitait qu'aucune image de lui ne soit prise par les médias.

L'audience a été suspendue une dizaine de minutes peu après son début, pour des questions liées à la recevabilité d'une demande de constitution de partie civile de la part d'une association de victimes créée en Belgique, V-Europe.

A la reprise de celle-ci, Salah Abdeslam s'est finalement exprimé déclarant à la présidente de la chambre correctionnelle de Bruxelles qu'il était "fatigué".

"On m’a extrait en pleine nuit, je souhaite rester assis", a déclaré Abdeslam qui n'a pas jugé bon de se lever au moment de sa prise de parole devant le tribunal.

Emmanuel DUNAND (POOL/AFP)

Interrogé par la présidente sur la raison de sa présence au Palais de Justice, Abdeslam a simplement indiqué qu'il est venu car "on m’a demandé de venir".

"Je suis l’acteur de ce procès. On m’accuse, je suis ici.", a-t-il dit avant de demander à la cour qu'il soit jugé sur "les preuves tangibles et scientifiques".

"Vous êtes là, pas pour satisfaire votre public, ni pour se baser sur ce que disent les médias", déclare le presumé terroriste à la présidente.

"Ce que je constate c’est que les musulmans sont là jugés de la pire des manières", lance le prévenu. "Il n’y a pas de présomption d’innocence. Ils sont jugés de façon impitoyable", a-t-il continué.

"Mon silence ne fait pas de moi un criminel, c'est ma défense. (...) C’est en mon seigneur que je place ma confiance. Je n’ai pas peur de vous, ni de vos alliés, je place ma confiance en Allah, je n'ai rien à ajouter", a conclu Abdeslam.

Le Français d'origine marocaine, âgé de 28 ans, comparaît au côté de Sofiane Ayari, un Tunisien de 24 ans, qui avait été arrêté en même temps que lui.

Les faits pour lesquels comparaissent les deux hommes, entourés de policiers cagoulés dans la petite salle du Palais de justice de Bruxelles, remontent au 15 mars 2016.

Des enquêteurs français et belges avaient été surpris par des tirs pendant une perquisition de routine dans une des planques bruxelloises de la cellule, située rue du Dries, dans la commune de Forest.

Trois policiers avaient été blessés et un djihadiste algérien de 35 ans, Mohamed Belkaïd, tué en leur faisant face avec une kalachnikov pour couvrir la fuite d'Abdeslam et d'Ayari.

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