Quantcast i24NEWS - "Pour eux c'était le peuple allemand qu'il fallait soigner" (Cymes à i24NEWS)

"Pour eux c'était le peuple allemand qu'il fallait soigner" (Cymes à i24NEWS)

►Le médecin et présentateur Michel Cymes, invité de "Conversations avec Anna Cabana", le 8 février 2018

Invité jeudi d'Anna Cabana sur i24NEWS, le médecin et présentateur Michel Cymes explique avoir voulu toucher "le plus de monde possible" avec son documentaire Hippocrate aux enfers, co-écrit avec Claire Feinstein et réalisé par Jean-Pierre Devillers, adapté de son best-seller, qui retrace les "expériences" menées par les médecins dans les camps de la mort entre 1933 et 1945.

"Le but de ce documentaire était de toucher le plus de monde possible, et j'ai pu toucher plus d'un million de personnes, beaucoup plus qu'avec le livre".

"Et si je suis présent dans le film sans intervenir, c'est parce que j'ai voulu accompagner les gens dans ma quête", explique-t-il.

À l'origine de cette quête, une question hante Cymes: comment des médecins ont-ils pu torturer et tuer alors qu'ils s'étaient destinés à sauver des vies?

"Ces médecins n'étaient pas des fous", affirme-t-il, "mais des gens très compétents qui avaient basculé dans l'horreur parce que l'idéologie nazie avait été épousée par 70% du corps médical à l'époque".

"Leur démarche était parfaitement rationelle", ajoute-t-il, "parce qu'il recherchaient des moyens d'aider l'armée qui mourait d'infections notemment".

"Pour eux c'était le peuple allemand qu'il fallait soigner", dit-il, "et non pas des individus, mais un peuple dont il fallait enlever les verrues, les tumeurs que représentaient les Juifs, les tziganes, les homosexuels, etc".

La honte du journalisme

Mais pour Emilie Gavoille, "ces quatre-vingts minutes évoquent pour la énième fois les parcours criminels des plus tristement célèbres séides en blouses blanches de Hitler…", dit-elle avant de poursuivre et d’affirmer dans Télérama, le 24 janvier dernier, que ce documentaire ne ferait avancer ni "la connaissance historique", ni "sa compréhension par le grand public".

"Je peux entendre toutes les critiques sur mon film", répond Cymes, "mais la énième fois, ça veut dire qu'on en parle trop, et cette dame est selon moi la honte du journalisme parce que ce qu'elle a fait c'est pas de la critique c'est du jugement, se permettant de juger si je suis sincère ou pas, alors que la pédagogie ne consiste-t-elle pas à répéter les choses?", demande le médecin.

"Il y a eu des camps de la mort polonais"

En pleine polémique sur une loi controversée sur la Shoah, adoptée par le gouvernement polonais récemment, Michel Cymes, dont les deux grands-pères ont été déportés et tués à Auschwitz, a tenu également à rappeler lors de son passage à i24NEWS, qu"'il y a eu des camps de la mort polonais, comme il y a eu un camp de la mort français".

"Ils (le gouvernement polonais, ndlr) peuvent écrire ce qu'ils veulent, l'histoire est là et tout ça est gravé".

"Certains polonais de l'époque ont participé comme les français l'ont fait".

Commentaires

(2)

J ai regardé l émission lorsqu il parlait. Ne pouvant pas regarder ce documentaire trop éprouvant, je remercie M. Cymes pour son excellent travail. C est très important parce que le public au sens large se laissait peut-être, croyait-on, d entendre les mêmes discours. Or lui a eu l intelligence d utiliser son réel capital sympathie, très justifié, pour parler d un sujet qui jusqu' alors n avait pas été clairement abordé, à savoir, le détournement de la médecine par les nazis. M. Cymes a "tout" pour lui, ne se contentant pas d être intelligent il est drôle et humain. Bravo !

merci docteur

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