Quantcast i24NEWS - Migrants: la tension monte entre Paris et Rome suite à l'affaire de l'Aquarius

Migrants: la tension monte entre Paris et Rome suite à l'affaire de l'Aquarius

Une photo prise le 11 juin et distribuée par SOS Méditerranée montre des membres de l'ONG en train de parler aux migrants à bord de l' Aquarius
Karpov (SOS MEDITERRANEE/AFP)

Le gouvernement italien refuse de recevoir des "leçons hypocrites" de pays comme la France "ayant préféré détourner la tête" sur la question migratoire, a indiqué mardi la présidence du Conseil dans une note.

D'abord publié dans les médias italiens, mais non rendu officiellement public, le contenu de cette note a ensuite été confirmé par le Palais Chigi, le siège de la présidence du Conseil italien.

"Le gouvernement italien n'a jamais abandonné ou laissé seules les presque 700 personnes à bord de l'Aquarius", affirme encore le document, alors que ce navire humanitaire, affrété par l'ONG française SOS Méditerranée, devait faire route vers l'Espagne après le refus de l'Italie et de Malte de lui ouvrir leurs ports pour y débarquer quelque 629 migrants secourus au large de la Libye.

"Nous avons reçu un geste inédit de solidarité de la part de l'Espagne. Ce même geste n'est pas arrivé de la France, qui de plus a adopté à maintes reprises des politiques bien plus rigides et cyniques en matière d'accueil" des migrants, poursuit la note, qui semble résonner au propos du président français.

Emmanuel Macron a dénoncé mardi en Conseil des ministres la "part de cynisme et d'irresponsabilité du gouvernement italien" qui a dérogé au droit international, selon le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux.

Le Premier ministre français Edouard Philippe a indiqué mardi après-midi que la France était "prête à aider" l'Espagne pour "accueillir" les migrants secours en Méditerranée par la navire Aquarius.

Gérard Collomb a invité ses homologues italien et espagnol - avec qui il s'est entretenu - à Paris "dans les prochains jours" pour "approfondir le dialogue" sur les questions migratoires mises en exergue par cette affaire, a indiqué mardi le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

"La France se tiendra aux côtés de l'Espagne" à l'arrivée du navire, "en particulier pour l'accompagnement des demandeurs d’asile en besoin manifeste de protection", précise le document, qui ne précise pas la date exacte de la rencontre.

LOUISA GOULIAMAKI (AFP/Archives)

Pour la première fois depuis son départ de Marseille en février 2016, le patrouilleur à la coque orange vif s'est vu interdire de débarquer en Italie, se heurtant au nouveau gouvernement auquel participe la Ligue (extrême droite).

L'Italie, qui a vu quelque 700.000 migrants arriver sur ses côtes depuis 2013, a régulièrement accusé les Européens d'avoir détourné les yeux et de l'avoir laissée seule face à la crise migratoire.

Les centaines de migrants à bord du navire, ballottés en Méditerranée depuis dimanche, devront affronter une nouvelle traversée en mer d'au moins quatre jours et parcourir 1.500 km de plus avant de pouvoir toucher la terre ferme à Valence, en Espagne.

Karpov (SOS MEDITERRANEE/AFP)

"Des vivres seront livrés sous peu par un navire italien", a précisé l'ONG sur Twitter. Le centre de commandement des secours de Rome "planifie de transborder les rescapés plus tard sur des navires italiens après quoi nous mettrons le cap ensemble sur Valence", a-t-elle ajouté.

Le patrouilleur de SOS Méditerranée, qui peut normalement porter secours à 500 migrants par intervention, croise depuis trois ans au large de la Libye, débarquant les personnes qu'il a sauvé de la noyade en Italie.

"Le sauvetage en mer doit devenir une priorité absolue dans l'agenda européen", a estimé SOS Méditerranée France sur son compte Twitter.

L'Aquarius, "ambulance des mers" affrétée par l'ONG, est financée par des dons privés. En deux ans, le navire a secouru près de 30.000 migrants au large de la Libye mais se heurte désormais frontalement au durcissement des politiques migratoires en Europe.

(Avec agence)

Commentaires

(3)

L’Italie a raison ! Le gouvernement français s’est toujours lavé les main face à l’engagement des responsables italiens sur la question des migrants, la France n’est pas le nombril de l’Europe, son président non plus! Qu’ils mettent la main à la patte.

qu ils les renvoient d ou. ils viennent c est encore plus simple

italie et france, ne vous disputez pas, y'en aura pour tout le monde.

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