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Le nouveau nom de la Macédoine accepté par Athènes

The old bridge of the Vardar river is in front of the monument of Alexander the Great in the center of Skopje. Macedonia's history textbooks now look set for another overhaul as the Balkans country closes in on a settlement with neighbouring Greece in a d
Robert ATANASOVSKI (AFP)

Ce sera "République de Macédoine du nord": Athènes et Skopje sont finalement arrivés mardi à un accord sur le nom de la Macédoine, après une querelle de 27 ans, rendant possible un déblocage de l'adhésion de la petite ex-République yougoslave à l'UE et à l'Otan. 

Au terme d'un marathon diplomatique entamé l'an dernier qui a été conclu lundi et mardi lors de deux entretiens téléphoniques, les Premiers ministres Alexis Tsipras et Zoran Zaev ont pu annoncer l'accord au centre duquel se trouve le nouveau nom.

M. Tsipras, en allant le présenter au chef de l'Etat grec Procope Pavlopoulos, s'est félicité d'un "bon accord qui couvre toutes les conditions posées par la Grèce".

En particulier, Skopje accepte de modifier sa Constitution en conséquence, en échange de la possibilité de garder le nom de Macédoine assorti d'une référence géographique.

Cette tâche s'annonce épineuse dans la mesure où M. Zaev ne dispose pas de la majorité qualifiée pour procéder à ces changements et où l'opposition nationaliste a dénoncé l'accord, le qualifiant de "capitulation".

Le Premier ministre a mené les négociations "de manière incompétente et accepté toutes les revendications de la Grèce", a déclaré Hristijan Mickoski, patron du VMRO (opposition, droite nationaliste), à la presse à Skopje. 

"Le VMRO n'acceptera pas les changement du nom constitutionnel" du pays, (République de Macédoine, ndlr), a-t-il ajouté.

En Grèce, le nom du voisin ne sera reconnu officiellement que sous sa formulation en macédonien de "Severna Makedonja", ont annoncé les services de M. Tsipras.

ludovic MARIN (AFP)

M. Zaev de son côté a salué "une solution historique après deux décennies et demie" de querelles.

L'accord n'est cependant pas définitif et doit encore être ratifié par le Parlement macédonien puis soumis à un référendum à l'automne, avant d'être enfin ratifié par le Parlement grec une fois l'acceptation définitivement actée chez son voisin du nord.

Depuis l'indépendance de l'ancienne République yougoslave en 1991, la question du nom de la Macédoine a été un âpre sujet de discussion de part et d'autre de la frontière, attisé régulièrement au gré du plus ou moins grand nationalisme des gouvernements en place.

La Grèce ne tolérait pas que son voisin prenne le nom de sa province septentrionale et s'arroge la splendeur et les hauts faits des deux grands rois de Macédoine antique, Philippe II et son fils Alexandre le Grand.

En conséquence, Athènes ne reconnaissait officiellement l'Ancienne République yougoslave de Macédoine que sous cet acronyme (ARYM), tout comme Berlin ou Paris, tandis que plus de 140 pays dont la Russie, les Etats-Unis, la Chine ou le Royaume-Uni avaient accepté "Macédoine".

Surtout, Athènes a mis son veto à toute tentative de Skopje de rejoindre l'Otan et l'UE.

L'immense enjeu du règlement pour la Macédoine est donc de décrocher un feu vert au sommet européen de fin juin pour entamer des négociations d’adhésion avec l'UE et d'obtenir une invitation à rallier l'Otan au sommet de l'Alliance des 11 et 12 juillet. 

L'accord a été salué par une salve de félicitations, notamment de la part des dirigeants de l'UE et de l'Otan.

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