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Turquie : la livre s'effondre, Erdogan dénonce une "guerre économique"

Une femme compte des billets de livre turque dans un bureau de change en Turquie, le 23 janvier 2014. La livre continuait de plonger pour enfoncer une nouvelle fois ses cours planchers historiques face au dollar et à l'euro
Bulent Kilic (AFP)

La livre turque, à l'agonie depuis plusieurs jours, connaissait vendredi une chute abyssale accélérée par l'annonce d'une forte hausse des droits de douane aux Etats-Unis sur l'acier et l'aluminium turcs et la virulente dénonciation par le président Recep Tayyip Erdogan d'une "guerre économique".

La devise turque, qui a perdu près de la moitié de sa valeur face au billet vert depuis le début de l'année, s'échangeait à 6,6115 pour un dollar à 13H35 GMT, soit une baisse vertigineuse de 19% sur la journée. Elle a même brièvement atteint 6,87, son plus bas historique.

Face à cette déroute, le chef de l'Etat turc a appelé ses concitoyens à la "lutte nationale" en échangeant leurs devises étrangères pour soutenir leur monnaie et son appel n'a fait qu'accélérer la baisse de la livre.

Cet effondrement qui pousse la Turquie vers une crise monétaire survient sur fond de fortes tensions diplomatiques entre Ankara et Washington et de défiance croissante des marchés envers l'équipe économique de M. Erdogan.

L'impact en a été ressenti au-delà des frontières turques, les actions de plusieurs banques européennes ayant chuté tandis que Wall Street a ouvert en baisse, ce qui illustre la crainte d'une contagion à l'économie mondiale.

La devise turque connaît une érosion inexorable depuis plusieurs années, mais l'hémorragie s'est aggravée ces derniers jours en raison de la grave crise diplomatique avec les Etats-Unis liée à la détention en Turquie d'un pasteur américain.

Ces deux alliés au sein de l'Otan ont imposé des sanctions réciproques à des responsables gouvernementaux. Si ces mesures sont avant tout symboliques, elles ont inquiété les investisseurs étrangers desquels l'économie turque est dépendante.

Adem Altan (AFP)

Visiblement soucieux d'envoyer des signaux positifs aux marchés, le nouveau ministre des Finances Berat Albayrak, qui est également le gendre du chef de l'Etat turc, a insisté sur l'"importance" selon lui de l'"indépendance de la banque centrale" turque.

Depuis sa nomination à ce poste après la réélection de M. Erdogan en juin, M. Albayrak s'est efforcé sans succès d'apaiser les marchés qui voient d'un mauvais oeil la mainmise croissante sur les affaires économiques du président.

L'agonie de la livre turque cette semaine n'a quasiment pas été traitée par les principales chaînes de télévision et les journaux à grand tirage, pour la plupart contrôlés par le pouvoir.

Commentaires

(11)

C’est plutôt l’incompétence du sultan qu’il faut incriminer. Avant lui, la Turquie se développait.

l'économie demande de l'intelligence et de la subtile réflexion. à présent, erdogan, il ne faut plus user de la force aveugle et brutale.

ça peut faire mieux. on peut encore diviser par deux.

C le resultat d’erdogan

je jubile

Erdogan dégage!!

Erdo gage ;)

Et vis à vis du shekel ? Rires !!

Le compte à rebours commence,ce n’est qu’une question de temps...

Je me rappelle déjà il y a 15 ans en Turquie, on refusait la livre dans les boutiques d’Antalya car la monnaie se dévaluait trop vite. Le Dollar et l’Euro étaient les seules monnaies acceptées.

Les Israéliens visitent de plus en plus la Turquie, c’est même devenu depuis plusieurs années la destination numéro UN (véridique). A mon avis la baisse récente de la livre turque est essentiellement due au gouvernement de Bibi, qui désire augmenter le pouvoir d’achat des touristes israéliens (je plaisante) lol.

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