Quantcast i24NEWS - Elie Chouraqui reçoit en tête-à-tête Michel Onfray pour un entretien sans concession

Elie Chouraqui reçoit en tête-à-tête Michel Onfray pour un entretien sans concession

Elie Chouraqui reçoit en tête-à-tête Michel Onfray pour un entretien sans concession
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Laïcité, capitalisme, libéralisme, Europe, mondialisme, déroute de la gauche et de la droite, montée des extrêmes, perte de boussole des populations, Michel Onfray s'est exprimé sur tous les sujets, comme un philosophe et un intellectuel mais surtout comme un homme de son temps.

Elie Chouraqui l'a reçu dimanche en tête-à-tête pour un entretien sans concession afin de comprendre son attachement à expliquer - depuis son université de Caen ou sur les plateaux télés - et pour comprendre pourquoi il a été souvent attaqué sans jamais cesser de faire du partage de sa vérité, son œuvre quotidienne.

Depuis sa très polémique "Lettre à manu", Michel Onfray a été déprogrammé de plusieurs chaînes. Pour l'intellectuel et le philosophe controversé, il s'agit tout simplement d'une censure.

"Tout est décidé à Paris et un président de la République dans la configuration de la 5ème République peut décider beaucoup de choses", a-t-il explique sur i24NEWS.

"Le même président de la République a décidé qu'un écrivain deviendrait consul à Los Angeles et à modifier la loi pour se faire. Donc quelqu'un qui est capable de se comporter comme ça, n'aurait pas beaucoup à forcer sa nature (…) Il a dit à plusieurs reprises nommément plusieurs choses désagréables sur moi", a-t-il ajouté.

Le philosophe a indiqué fin septembre qu'il arrêtait sa participation à l'université populaire (UP) de Caen qu'il a créée en 2002. Pour justifier sa décision, il a invoqué le fait que la directrice de France culture avait, selon lui, mis "fin unilatéralement à la collaboration qui permettait la diffusion de mon cours sur la chaîne qu'elle dirige - avec pour tutelle un ministre nommé par Emmanuel Macron."

"Le service public peut soutenir des gens qui ne marchent pas et détruire des gens qui fonctionnent. Ça c'est la France, justement parce qu'on coupe la tête de qui déplaît", a-t-il souligné.

"La France, c'est 20 personnes qui décident dans chaque domaine: peinture, musique, littérature, philosophie, édition, journalisme, etc. Tous ces gens-là se connaissent (…) et chacun a un pouvoir et en use et en abuse", a-t-il encore dit.

"Machiavel souriant"

Le philosophe s'est par ailleurs référé à la nouvelle traduction de l'ouvrage d'Orwell "1984" pour dire qu'" on est complètement là-dedans".

"Oui. On a Big Brother, il existe. Oui. On a une semaine de la haine, ça existe. Oui. On a une réécriture du passé. Oui. On a une haine de l’Histoire…. C'est un totalitarisme qu'il faut décrire à nouveau, je m'y attèle d'ailleurs", a expliqué Michel Onfray.

Au sujet du président Emmanuel Macron, il parle de "Machiavel souriant". "Il ne suffit pas de dire qu'on est jupitérien pour être Jupiter. Quand on a les pleins pouvoirs et pas de morale, c'est un peu le cas de ce monsieur - Macron pour le dire très précisément - on voit effectivement qu'on peut décider", affirme-t-il au sujet de l'instrumentalisation de la vie politique et de la constitution de 1958.

Selon lui, il existe une "polarisation de la vie politique française entre bien et ma". "On nous parle de Marine Le Pen, qu'elle est dangereuse et fasciste mais en même temps on ne l'enferme pas. On ne l'envoie pas au tribunal", dit-il mettant également à "égalité sur le terrain de la dangerosité" Jean Luc Mélenchon.

Il parle toutefois de deux "dangerosités" tout en rappelant que le Front national est arrivé deux fois au second tour des élections présidentielles et notant qu'il y a avec Marine le Pen "une chose extraordinaire", à savoir "la possibilité d'instrumentaliser la Shoah", ce qu'on ne peut pas faire avec Jean Luc Mélenchon, d'après lui.

"Ecoutez-vous, regardez-vous et faisons de l'Histoire"

Le philosophe s'est également exprimé au sujet des religions, notamment sur la place de l'islam dans notre siècle et la nécessité de revenir à l'Histoire afin de recréer une entente entre les peuples de religion abrahamique.

"Il y a au moins deux islams: il y a l'islam du musulman qui se dit musulman mais prend des libertés avec sa religion (…) et il y a l'islam du Coran. Et je trouve dans le Coran des choses dangereuses", a-t-il détaillé.

Par ailleurs, il a également précisé qu'il y a "deux choses qui distinguent le judaïsme de l'islam". "Le judaïsme n'est pas prosélyte. C'est une religion nationale, ethnique qui vise à constituer un pays, une nation en même temps qu'une civilisation et une culture. Et l'islam, c'est l'inverse", assure-t-il, parlant aussi de "dangerosité supérieure" pour une religion qui vise avant tout à s'occuper d'autrui plutôt que de soi.

Sur un plan géopolitique mais également empirique, il a raconté qu'il a "vu en Israël et en Palestine, deux peuples qui sont susceptibles de s'entendre et deux gouvernements (…), deux communautés qui ont intérêt à vivre ensemble par-dessus les gouvernants".

Selon lui, il ne s'agit pas d'"opposer Israël et la Palestine" mais d'opposer les "dirigeants de part et d'autre" et "les peuples de part et d'autre" car "ce n’est pas exactement la même chose".

"Vous êtes un même peuple. Vous avez une même circoncision qui est une même façon d'être au monde donc arrêtez ! Posez les armes, écoutez-vous, regardez-vous et faisons de l'Histoire", conclut-il en assurant qu'historiquement, il y a eu des Juifs avant les Chrétiens puis l'islam et que cela est une "évidence", ajoutant que "vous êtes un même peuple, sur un même lieu".

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