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Tuerie du Musée juif de Bruxelles: Nemmouche aux assises

Quatre meurtres de sang froid en moins de deux minutes: près de cinq ans après les faits, Mehdi Nemmouche est jugé à partir de jeudi devant les assises de la capitale belge pour la tuerie du Musée juif de Bruxelles.

L'audience a débuté à 9h: sur les 12 jurés une des 4 femmes désignées etait absente. Elle a ete remplacée par un juré suppléant.

Mehdi Nemmouche comparaît dans le box. Vetu d'une tunique orange, les cheveux gominés. Il decline son identité calmement. Il est entouré de 3 policiers cagoulés. A 3 mètres de lui sur le banc, son co-accusé Nacer Bendrer. Vêtu de noir, regard dans le vide, rapporte notre envoyée spéciale Charlotte Hauser.

La première journée est dédiée à la lecture des actes d'accusation et aspects techniques du procès qui devrait durer jusqu'au 1er mars mais la date est variable.

Si la cour d'assises soutient la thèse de l'accusation, cet attentat antisémite, qui avait ému la communauté internationale, restera comme la première attaque commise sur le sol européen par un combattant djihadiste de retour de Syrie.

Selon l'accusation, Nemmouche est l'homme qui, ce 24 mai 2014 vers 15h45, a ouvert le feu dans le hall d'entrée du Musée juif, tuant un couple de touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé belge du site. Un quadruple assassinat exécuté en 82 secondes, comme s'il était l'oeuvre d'un tueur professionnel.

A l'époque, le natif de Roubaix, dans le nord de la France, était revenu depuis peu de Syrie, où il avait combattu dans les rangs de ce qui allait devenir le groupe Etat islamique.

GEORGES GOBET (AFP)

"Discours complotiste"

Dans l'enquête française sur la séquestration d'Alep, Nemmouche est dépeint en gardien "violent", admirateur de Mohamed Merah, qui avait assassiné trois enfants et un père de famille juifs en 2012 à Toulouse (sud de la France).

Pour le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), partie civile au procès, le caractère antisémite des assassinats reprochés à l'accusé ne fait aucun doute.

La crainte, a confié Yohan Benizri, président du CCOJB, est que ses avocats, Sébastien Courtoy et Henri Laquay, tentent de "minimiser" cet aspect antisémite, ou de "tenir un discours de type complotiste".

L'hypothèse de la responsabilité d'agents israéliens a déjà été évoquée à demi-mot par Me Courtoy lors d'une audience préliminaire.

Pour cet avocat réputé provocateur, qui a dans le passé défendu en Belgique le polémiste français Dieudonné, plusieurs fois condamné en France pour injure raciale, incitation à la haine et apologie du terrorisme, Nemmouche aurait été "sélectionné" pour commettre ce qu'il a qualifié de "pseudo-attentat" et il s'en expliquera.

"Ca fait maintenant quelques années qu'il brûle de pouvoir dire sa vérité", a assuré Me Courtoy devant des journalistes lundi après la sélection du jury.

Six jours après la tuerie, Nemmouche avait été arrêté le 30 mai 2014 en possession d'un revolver et d'un fusil d'assaut à Marseille, où s'est ensuite concentrée une partie de l'enquête.

C'est également à Marseille que son co-accusé Nacer Bendrer, 30 ans, a été interpellé en décembre 2014, soupçonné de l'avoir aidé à se fournir en armes.

En 2008, les deux délinquants avaient fait connaissance à la prison de Salon-de-Provence (sud de la France), où ils étaient décrits comme radicalisés, faisant du "prosélytisme" auprès des autres détenus musulmans.

Leur proximité est notamment attestée dans l'enquête par 46 contacts téléphoniques en l'espace de quinze jours en avril 2014, époque à laquelle Nemmouche est soupçonné être en pleins préparatifs.

Le premier interrogatoire des deux accusés sur le fond est prévu la semaine prochaine, à partir de mardi.

(i24NEWS avec agence)

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