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"Gilets jaunes": 84.000 manifestants, les journalistes à nouveau pris pour cibles

A trois jours du débat national, la mobilisation des "gilets jaunes" ne faiblit pas: 8000 personnes à Paris, 6700 à Bourges, 5500 à Toulouse, 4500 à Bordeaux... 84.000 personnes ont défilé samedi en France contre la politique sociale et fiscale du gouvernement, mais sans heurts majeurs, tandis que 50 000 manifestants avaient été recensés la semaine dernière.

Si plusieurs manifestations ont été émaillées de heurts, les violences ont été globalement moins nombreuses. Au total, 244 personnes ont été interpellées, dont 201 ont été placées en garde à vue, selon le ministère de l'Intérieur, qui a toutefois condamné sur Twitter les agressions dont ont été victimes des journalistes.

"Dans notre démocratie, la presse est libre. Dans notre République, la liberté d'informer est inaliénable. Violenter des journalistes, c'est attenter à l'une et à l'autre", a-t-il écrit.

Gaz lacrymogènes et canons à eau

Dans la capitale, le cortège des "gilets jaunes" -auquel a participé Eric Drouet, un des initiateurs du mouvement- a défilé dans le calme, encadré par un service d'ordre.

Les rues ont résonné des habituels "Macron démission", mais aussi des "Libérez Christophe !" en soutien à l'ex-boxeur Christophe Dettinger filmé en train de frapper deux gendarmes lors de la manifestation samedi dernier et écroué depuis dans l'attente de son procès.

Les forces de l'ordre, dont 80 000 membres ont été mobilisés pour la journée de samedi, ont dû faire usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour repousser des manifestants qui leur lançaient des projectiles dans le secteur des Champs-Elysées et autour de l'Arc de Triomphe, point d'arrivée de la manifestation.

Un total de 149 personnes ont été interpellées à Paris, notamment pour port d'arme prohibée ou participation à un groupement en vue de commettre des violences, a indiqué la Préfecture de police. Parmi elles, 108 ont été placées en garde à vue, a précisé le parquet de Paris dans un bilan communiqué à 21H00.

A Bourges, l'ambiance bon enfant du défilé a été perturbée quand 500 personnes ont pénétré dans le centre-ville où tout rassemblement était interdit, causant quelques échauffourées avec les forces de l'ordre. Deux "gilets jaunes" de 17 et 28 ans ont été blessés par des tirs de lanceurs de balle de défense (LBD).

Dix-neuf personnes ont été interpellées en marge de cette deuxième manifestation nationale, selon la préfecture.

MEHDI FEDOUACH (AFP)

"Une très grande opportunité"

A Bordeaux, 6.000 personnes ont manifesté selon la préfecture, un peu plus que la semaine passée (4.600), derrière une grande banderole proclamant "Unis, le changement est possible". Et ils étaient 6.000 à Toulouse. Ces deux villes sont en pointe de la mobilisation depuis le début du mouvement.

Emmanuel Macron a appelé les Français à se saisir de la "très grande opportunité" que représente le grand débat, qui doit débuter mardi mais qui ne convainc pas les "gilets jaunes".

"C'est pour nous endormir ce truc. Ce qu'il faut, c'est du cash, du concret, le plus tôt possible", estime Jean-Luc Dugast et sa compagne Marie-Thérèse Augusto, originaires de Seine-et-Marne.

"Le débat, c'est dans la rue, pas dans une salle ou sur internet", affirme Jean-Jacques, 59 ans, présent dans la manifestation à Strasbourg: "Je ne pense pas que quelque chose de positif va sortir de ça."

(avec agence)

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