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Musée juif: les souvenirs des témoins mis en cause par la défense

L'entrée du musée juif de Bruxelles le 25 mai 2014 au lendemain de l'attentat terroriste qui a fait 4 morts
GEORGES GOBET (AFP)

Un avocat de Mehdi Nemmouche, accusé du quadruple assassinat commis en 2014 au musée juif de Bruxelles, a qualifié mardi d'"affabulatrice" une femme de 60 ans affirmant reconnaître le djihadiste comme étant le tueur, dont elle avait croisé le regard dans la rue le jour des faits.

"C'est le témoin vedette de l'accusation, c'est une affabulatrice", s'est exclamé Me Sébastien Courtoy, après le témoignage de cette retraitée, qui participait l'après-midi de la tuerie à une fête d'école avec ses petits-enfants non loin du musée.

Le 24 mai 2014 aux environs de 16H00, elle fumait une cigarette sur le trottoir devant l'école lorsqu'elle a croisé le regard d'un homme portant une casquette et deux sacs noirs. Il quittait le quartier du musée pour rejoindre le centre-ville. Le physique correspond au suspect dont la télévision diffusera des images deux jours plus tard.

"Il était calme, tranquille", "il a passé une tête (dans l'entrée de l'école, ndlr) m'a regardée et il est parti tout de suite", a-t-elle affirmé mardi à la barre.

JOHN THYS (AFP)

Mais devant les policiers en 2014, ce témoin avait souligné que l'homme était rentré dans l'établissement et resté "quelques minutes" avant de fuir. Une des incohérences dont s'est saisi Me Courtoy pour tenter de disqualifier le témoignage.

La retraitée venait de reconnaître dans le box, entre deux policiers cagoulés, l'homme croisé dans la rue ce 24 mai 2014. Mais sur l'horaire précis, elle n'a finalement pas de certitude. "Vers 16H00", rectifie-t-elle après avoir assuré qu'il était 16H15.

L'horaire est important car à 16H15 Mehdi Nemmouche, d'après la thèse de l'accusation, est de retour dans son logement loué à Bruxelles une demi-heure après les quatre assassinats perpétrés de sang-froid, à 15H45, en moins de deux minutes. Son ordinateur est allumé à ce moment-là.

"Elle a dit 16H15, c'est gênant pour l'accusation parce que ça lui fournit un alibi (à l'accusé, ndlr), à 16H15 il est censé être dans son appartement", a lancé Me Courtoy.

Un peu plus tard l'avocat a mis en doute un autre témoignage d'un riverain, un restaurateur ayant livré une description précise de l'homme sortant du musée avec sa casquette et ses deux sacs juste après des coups de feu.

Le témoin a décrit un homme aux cheveux noirs, visage mince et nez pointu "plus grand que la normale", ce qui correspond au physique de Nemmouche. Il a aussi parlé d'"une ligne blanche sur les semelles" des chaussures.

Mais à la barre cet homme de 29 ans reconnaît avoir vu le fuyard d'une distance de "20 à 30 mètres", sans ses lunettes, alors qu'il est "myope et astigmate". Avec une telle vue "voir une ligne blanche à 20 m, c'est impressionnant", a ironisé Me Courtoy.

Ce procès, où le jihadiste français de 33 ans encourt la réclusion à perpétuité, doit durer jusqu'à fin février.

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