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Emmanuel Macron: la vague migratoire, "une opportunité économique"

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron le 27 août 2015 à JOuy-en-Josas
ERIC PIERMONT (AFP/Archives)
"La France condamne le boycott et toutes ces pratiques abusives", a déclaré le ministre français

Le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron a entamé dimanche une visite de deux jours en Israël et dans les Territoires palestiniens. A cette occasion, il a accordé une interview exclusive à i24news. Le ministre est revenu sur les questions de l'accueil des migrants, l'investissement en Israël et les 35 heures.

Interrogé sur les capacités d'accueil de la France, le ministre a précisé que la France et l'Allemagne "n'ont pas la même pression migratoire", malgré la position commune adoptée par le président François Hollande et la chancelière Angela Merkel.

Pour lui, la France doit trouver une organisation humanitaire et diplomatique en insistant sur la "dignité de l'ensemble de nos pays en particulier de la France qui doit être à la hauteur des événements".

Il a insisté sur le distinction entre migrants et réfugiés: "Il s'agit principalement de réfugiés, c'est à dire de femmes et d'hommes qui pour des raisons politiques fuient leur pays, et pas de migrants économiques".

"Si cela est fait dans le bon ordre, c'est une opportunité pour nous. C'est d'abord notre dignité, c'est aussi une opportunité économique, parce qu'il s'agit de femmes et d'hommes qui ont aussi des qualifications remarquables", a-t-il déclaré.

Le ministre a également été interrogé sur l'économie française et l'exemple qu'il pouvait venir chercher en Israël.

"C'est important de regarder ce qui fonctionne et à cet égard l'écosystème israélien est exemplaire. C'est cette démonstration de l'alliance entre les chercheurs, les académiques, les entrepreneurs, parfois aussi les grandes entreprises et l'investissement public et privé. La France doit créer cet écosystème et à ce titre je crois que l'exemple israélien est un très bel exemple", a-t-dit.

ERIC PIERMONT (AFP/Archives)"L'économie n'est pas un instrument diplomatique"

Cette visite officielle est délicate sur le plan diplomatique alors que s'accentuent les pressions des militants pro-palestiniens et de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanction) sur les entreprises étrangères, associées à des projets israéliens en Cisjordanie.

En avril, avec 15 autres pays de l'Union européenne, la France avait appelé à appliquer pleinement la législation concernant l'étiquetage des produits fabriqués dans les implantations de Cisjordanie, de Jérusalem-est et du plateau du Golan, une mesure jugée discriminatoire par l'Etat hébreu.

A ce sujet, M. Macron a indiqué que "la position diplomatique française et européenne est claire et n'a pas changé et ne changera pas".

"L'économie n'est pas un instrument diplomatique. La France condamne avec beaucoup de force le boycott et toutes ces pratiques abusives. Il n'y a pas de boycott, et il y a la volonté farouche de développer les relations économiques avec Israël", a-t-il continué.

Il a par ailleurs insisté sur la volonté française de participer au marché du gaz en Israël, voyant dans cette opportunité "une carte à jouer" pour intensifier les relations entre les deux pays sur le plan économique.

Le ministre a invité les entreprises françaises à revenir en Israël et à investir dans le pays de même que les entreprises israéliennes à venir s'installer en France. "Le lien économique emporte avec lui les liens humains et culturels et permet de résoudre les malentendus" a-t-il affirmé.

Le ministre s'est rendu en Israël avec une délégation de 50 entreprises pour intensifier ce lien.

Concernant les critiques récentes de Martine Aubry sur les 35 heures, le ministre a indiqué qu'"il faut regarder la France à l'aune du monde". "Nous devons avoir plus d'agilité et regarder en face les chiffres. Nous travaillons moins d'heures que nos voisins", a-t-il déclaré.

"Ces rigidité empêchent parfois de se réadapter quand on a des difficultés économiques", tout en précisant qu'"aujourd'hui nous sommes dans un monde de changements rapides" et qu'il existe une forme de "rigidité française" qui doit s'adapter à cette rapidité économique.

Selon lui, "travailler davantage pour les jeunes mais aussi pour les seniors, donner plus d'agilité aux entreprises pour organiser le travail, c'est se donner la capacité collective à réussir davantage". "Israël en est un formidable exemple", a-t-il ajouté.

M. Macron, également ministre de l'Industrie et du Numérique, doit s'exprimer mardi à Tel-Aviv au "festival de l'innovation et du numérique", point de convergence annuel des start-ups israéliennes et des investisseurs mondiaux auquel 150 entreprises françaises doivent participer.

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