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Un projet de loi contre l’antisémitisme divise la classe politique italienne
Le texte prévoit d’inscrire la définition de l’antisémitisme de l’IHRA dans la loi. Ses opposants redoutent des restrictions à la critique d’Israël, malgré les garanties prévues.


Le Parlement italien doit examiner un projet de loi visant à inscrire dans la législation une définition de l’antisémitisme élaborée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA). Déjà approuvé par le Sénat, le texte suscite une vive opposition, alors que sa version actuelle ne comporte plus de dispositions pénales, rapporte le Jerusalem Post.
Le Sénat l’a adopté le 4 mars 2026 par 105 voix contre 24, avec 21 abstentions. Après son approbation par la commission des affaires constitutionnelles de la Chambre des députés le 30 septembre, le projet est entré en débat général le 2 octobre. Selon l’agence ANSA, le vote final pourrait intervenir dans la première moitié du mois d’octobre, après celui sur la loi électorale.
Le texte prévoit d’inscrire dans la législation italienne la définition de l’IHRA ainsi que les exemples qui l’accompagnent. Il préserve explicitement la liberté d’expression et la liberté de critique politique. Les mesures pénales et les restrictions aux manifestations envisagées dans la version initiale ont été retirées.
Ces modifications n’ont toutefois pas dissipé les critiques. Jeudi, plusieurs centaines de personnes ont manifesté devant la Scala de Milan, dénonçant un texte qui pourrait, selon elles, entraver la contestation de la politique israélienne et les mobilisations en faveur des Palestiniens.
Le Parti démocrate, principale formation d’opposition de centre gauche, devrait voter contre le projet. Il avait également boycotté le vote préalable en commission.
Cette position suscite des tensions au sein du parti. Emanuele Fiano, membre juif du Parti démocrate, a vivement contesté ce choix, estimant que la lutte contre l’antisémitisme ne devait pas être présentée comme un obstacle aux critiques du gouvernement de Benjamin Netanyahou, de l’armée israélienne ou des violences commises par des habitants des implantations.
Pour Emanuele Fiano, ces critiques sont légitimes et nécessaires. Il souligne cependant que l’article premier du projet garantit expressément la liberté de critique politique et la liberté d’expression, répondant ainsi aux craintes de censure exprimées par les opposants.
L’Union des communautés juives italiennes (UCEI) appelle, de son côté, à l’adoption du texte. Sa présidente, Livia Ottolenghi, demande aux députés de l’évaluer sur son contenu plutôt qu’en fonction de leur appartenance politique.
Elle présente le projet comme un outil de défense des valeurs démocratiques et des droits fondamentaux, rappelant qu’il ne prévoit aucune disposition pénale, mais des orientations destinées à combattre les préjugés et la haine antisémite.