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Portrait de Michel Aoun, le nouveau président libanais proche du Hezbollah

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Michel Aoun, the 81-year-old former general, has long eyed the presidency, and his candidacy was backed by the powerful Shiite Hezbollah movement
Anwar Amro (AFP)Michel Aoun, the 81-year-old former general, has long eyed the presidency, and his candidacy was backed by the powerful Shiite Hezbollah movement

Figure de la lutte le confessionnalisme et la corruption, Aoun est qualifié d’opportuniste par ses détracteurs

Michel Aoun, devenu lundi le 13e président du Liban depuis l'indépendance, est une ancienne figure de la lutte contre le régime syrien qui a ensuite effectué un volte-face en se rapprochant du groupe terroriste Hezbollah allié de Damas.

26 ans après en avoir été chassé par l'armée syrienne, cet ex-général de 81 ans regagne le palais présidentiel de Baabda pour un mandat de 6 ans non-renouvelable. Il devient le troisième général à accéder à la magistrature suprême.

PATRICK BAZ (AFP)
PATRICK BAZ (AFP)Des partisans de Michel Aoun, chef du Courant patriotique libre (CPL) et candidat à la présidence, manifestent pour réclamer l'élection du président de la République au suffrage universel direct, le 4 septembre à Beyrouth

Pour y parvenir, Aoun a reçu l'appui de deux de ses adversaires politiques: le chef chrétien des Forces libanaises (FL) Samir Geagea et l'ex-Premier ministre sunnite Saad Hariri, tous deux hostiles au président syrien Bachar al-Assad et à ses alliés libanais du groupe chiite Hezbollah.

Gravir les échelons

Ce chrétien maronite, issu d’une famille modeste, est né le 18 février 1935 dans une banlieue populaire au sud de Beyrouth.

A 20 ans il s’engage comme officier et démarre sa carrière militaire. Il gravit les échelons jusqu'à devenir chef d'une unité d'élite puis accède au grade de général et devient chef de l'armée.

A l'été 1988, alors qu’il est nommé par le président à la tête d'un gouvernement militaire chargé d'assurer l'élection d'un nouveau chef de l'Etat, il lance sans succès "la guerre de libération" contre l'armée syrienne présente au Liban et tente en vain de désarmer les FL dirigées par Samir Geagea. Ces affrontements sont un désastre.

15 ans à Paris

Retranché dans le palais présidentiel, il refuse l'accord conclu en Arabie saoudite en 1989 pour mettre fin à la guerre civile. En 1990, l'armée syrienne l'évince par la force.

Michel Aoun se réfugie alors à Paris en 1991 où il restera 15 ans et fondera le "Courant patriotique libre", hostile à la Syrie.

En 2005, après l'assassinat du Premier ministre Rafic Hariri, Aoun rentre au Liban et crée la surprise aux législatives en remportant 21 sièges sur 128.

Joseph Eid (AFP/Archives)
Joseph Eid (AFP/Archives)Portrait géant de l'ancien Premier ministre assassiné Rafic Hariri dans une rue de Beyrouth, le 14 février 2011

Figure de la lutte le confessionnalisme et la corruption, il est qualifié d’opportuniste par ses détracteurs et se voit également reproché le népotisme dont il fait preuve et qu’il était supposé combattre, en nommant des membres de sa famille à des postes clés.

Coup de théâtre et entente avec le Hezbollah

Dans un nouveau coup de théâtre dont il est coutumier, il signe le 6 février 2006, un document d'entente avec le Hezbollah.

Le dirigeant Hassan Nasrallah lui apportera par la suite son appui total pour l'élection présidentielle.

AL-MANAR TV/AFP
AL-MANAR TV/AFPCapture d'écran d'une vidéo de la chaîne Al-Manar montrant le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah, le 5 mai 2015

La révolte, qui éclate en Syrie en mars 2011, divise le Liban. Alors que les partis chrétiens des FL ainsi que la majorité des sunnites prennent parti pour les rebelles, Aoun reste bienveillant à l’égard du régime.

En mai 2014, le mandat du chef de l'État Michel Sleimane prend fin et plus de 2 ans auront été nécessaires pour qu'un laborieux compromis assure la victoire d’Aoun.

Une alliance inquiétante pour Israël

Cette nouvelle alliance, entre le chef du parti terroriste et le désormais nouveau président libanais, représente une menace supplémentaire à laquelle Israël doit faire fac. La victoire du général a d'ailleurs été décriée par de nombreux médias israéliens.

Le quotidien Israel Hayom proche du gouvernement, a tenté quelques jours avant l’élection de décrypter les enjeux d’une telle entente :

"L’Iran étendra sa mainmise sur le Liban, personne ne dérangera le gouvernement en demandant le désarmement du Hezbollah et de remettre ses armes à l’Etat."

Le journal israélien précise que "les Saoudiens seront furieux que le niveau d’alerte en Israël concernant le Liban monte d’un cran".

(avec agences)