Les Emirats démentent un tir de missile des rebelles yéménites

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Des combattants alliés aux rebelles chiites Houthis lors d'un rassemblement à Sanaa, le 20 juin 2016
MOHAMMED HUWAIS (AFP/Archives)Des combattants alliés aux rebelles chiites Houthis lors d'un rassemblement à Sanaa, le 20 juin 2016

Les Houthis avaient affirmé avoir tiré un missile en direction de la centrale nucléaire de Barakah

Les Emirats arabes unis ont démenti dimanche qu'un missile ait été tiré par les rebelles Houthis du Yémen en direction de leur territoire et de la centrale nucléaire de Barakah.

Les Houthis avaient affirmé plus tôt avoir tiré un missile de croisière en direction de la centrale de Barakah, en construction près d'Abou Dhabi, et dont le premier des quatre réacteurs devrait démarrer en 2018.

Le Comité national des situations d'urgence à Abou Dhabi a démenti "les allégations répétées par les médias des rebelles Houthis sur le tir d'un missile en direction des Emirats arabes unis", a rapporté l'agence officielle WAM.

Le Comité a affirmé que les Emirats possèdent un système de défense anti-aérien capable de "traiter toute menace de ce genre". La centrale de Barakah est "sécurisée et protégée (...) comme il se doit pour un tel projet d'intérêt national", a encore souligné le Comité, selon la WAM.

Les Houthis avaient affirmé avoir procédé au tir de ce missile en représailles contre les Emirats arabes unis, l'un des piliers de la coalition menée par l'Arabie saoudite au Yémen.

"La force de missiles annonce le tir d'un missile de croisière... vers le réacteur nucléaire d'Al Barakah à Abou Dhabi", pouvait-on lire sur le site du service télévisé du groupe chiite pro-iranien qui ne fournissait toutefois aucune précision ni élément prouvant l'existence de ce tir.

Cette annonce intervient après le bombardement de positions des Houthis à Sanaa dans la nuit de samedi à dimanche par la coalition saoudienne, qui ont ainsi apporté pour la première fois un soutien aux forces de l'ancien président Ali Abdallah Saleh qui combattent depuis quelques jours les miliciens pro-iraniens.

MOHAMMED HUWAIS (AFP/File)
MOHAMMED HUWAIS (AFP/File)Yemen's ex-president Ali Abdullah Saleh addresses supporters in the capital Sanaa on August 24, 2017

Ali Abdallah Saleh, allié aux Houthis depuis le début du conflit yéménite face aux forces gouvernementales du chef de l'Etat en exil Abd-Rabbou Mansour Hadi, soutenu par la coalition arabe formée par Riyad, a proposé samedi à l'Arabie saoudite de "tourner une page" de la guerre qui ensanglante le pays depuis bientôt trois ans.

Les partisans de l'ex-président, chassé par la rue lors des printemps arabes, en 2011, après 33 ans au pouvoir, affrontent depuis quatre jours les Houthis, qui ont dénoncé un "coup de force" et une "grande trahison" de leur allié, dans un quartier du sud de Sanaa.

A la tête du Yémen pendant plus de 30 ans et chassé du pouvoir en 2012 à la suite d'importantes manifestations, Ali Abdallah Saleh s'est déclaré samedi matin ouvert à des discussions avec l'Arabie saoudite si le blocus qu'elle impose au Yémen est levé.

Les forces de M. Saleh, alliées au mouvement rebelle pro-iranien des Houthis, affrontent depuis mars 2015 une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite et qui est intervenue au Yémen pour soutenir le successeur de M. Saleh, le président Abd Rabbo Mansour Hadi.

"Pire crise humanitaire" de la planète

Samedi, les deux groupes se sont affrontés pour le contrôle de positions-clés à Sanaa, y compris des ministères et l'aéroport international, selon des sources sécuritaires et des témoins. En fin de journée, la capitale avait l'allure d'une "ville fantôme", selon un habitant.

Ces violences pourraient entraîner l'ouverture d'un nouveau front dans ce pays pauvre de la péninsule arabique, ravagé par la guerre et qui connaît la "pire crise humanitaire" de la planète, selon les Nations unies.

"J'appelle nos frères dans les pays voisins (...) à arrêter leur agression et à lever le blocus (...) et nous tournerons la page", a dit M. Saleh à la télévision, en référence à l'Arabie saoudite.

Riyad a renforcé le blocus autour du Yémen après un tir de missile des Houthis le 4 novembre vers la capitale saoudienne.

"Nous promettons à nos frères et voisins que dès qu'un cessez-le-feu sera en place et que le blocus sera levé, nous dialoguerons directement via l'autorité légitime représentée par notre Parlement", a ajouté M. Saleh.

Mohammed HUWAIS (AFP)
Mohammed HUWAIS (AFP)A supporter of Yemen's Shiite Huthi rebels covered in green paint chants slogans as at a rally in the capital Sanaa on November 30, 2017

Cette initiative a été accueillie favorablement par l'Arabie saoudite qui était en froid avec M. Saleh depuis 2012 et qui accuse les Houthis d'être armés par son grand rival régional l'Iran, malgré les démentis de Téhéran.

La coalition sous commandement saoudien a encouragé la démarche de l'ex-président, affirmant qu'elle "libérera le Yémen" des "milices loyales à l'Iran".

Aux Emirats arabes unis, autre pays-clé de la coalition, le ministre d'Etat aux Affaires étrangères Anwar Gargash a parlé du "soulèvement de Sanaa" qui pourrait ramener "le peuple yéménite à son environnement arabe".

Comme Riyad, Abou Dhabi est farouchement hostile à "l'expansionnisme iranien" au Moyen-Orient.

Même son de cloche pour le gouvernement Hadi qui apparaît favorable à la démarche de Saleh et sa dissociation des Houthis, qu'il accuse de servir les intérêts de l'Iran au Yémen.

(avec agence)

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