Pour Emmanuel Macron, un nouveau conflit avec Israël serait destructeur pour le Liban

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Le président français Emmanuel Macron s'adresse aux médias après une réunion spéciale du Conseil européen dans le bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, le 31 mai 2022.
Emmanuel DUNAND / AFPLe président français Emmanuel Macron s'adresse aux médias après une réunion spéciale du Conseil européen dans le bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, le 31 mai 2022.

A l'occasion des 2 ans de l'explosion du port de Beyrouth, Macron a réitéré le soutien de Paris à Beyrouth

Le président français Emmanuel Macron a appelé le Liban à faire preuve de responsabilité dans le cadre des négociations menées actuellement avec Israël, pour définir la frontière maritime entre les deux pays.

Alors que le Hezbollah a menacé de lancer une offensive en cas d'échec des discussions, le président français a estimé que "le Liban ne survivra pas à un nouveau conflit à la frontière sud, qui sera beaucoup plus meurtrier, beaucoup plus destructeur que celui de 2006 ", dans une interview au journal libanais "L'Orient-Le Jour".

L'interview a été réalisée à l'occasion du deuxième anniversaire de la catastrophe de l'explosion dans le port de Beyrouth qui a coûté la vie à plus de 200 personnes et fait plusieurs milliers de blessés.

Le président français est revenu sur le soutien de Paris au pays du cèdre et a également abordé la question nucléaire iranienne.

Emmanuel Macron a souligné qu'il était particulièrement important à ses yeux que la question des négociations entre Jérusalem et Beyrouth sur la frontière maritime entre les deux pays, sur laquelle la France assume aussi sa part de travail pour faciliter une issue en lien avec le médiateur américain", ne soit pas instrumentalisée " Ce qui est en jeu, c’est la stabilité de votre pays, sa prospérité, sa capacité à être à nouveau considéré comme un pays pouvant prendre en main son destin", a-t-il affirmé.

Le président français a rappelé que "la France a entraîné une mobilisation internationale exceptionnelle et inédite pour éviter l’effondrement institutionnel, financier, économique, social et culturel brutal du pays qui menaçait après l’explosion sur le port de Beyrouth.

Concernant l'Iran, le président français a déclaré que "la meilleure façon d'empêcher la déstabilisation de la région est de revenir à l'accord nucléaire iranien". 

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"Nous déployons tous nos efforts pour ce faire, en lien avec nos partenaires européens. Il faut désormais que les négociations directes reprennent et que l’Iran fasse sa part du chemin pour saisir, tant qu’il en est encore temps, l’opportunité qui lui est offerte de revenir au JCPOA (l’accord de 2015 sur le nucléaire)", a-t-il estimé.

"Qu’un accord soit trouvé ou non, il nous faudra de toute façon œuvrer au renforcement de la sécurité et de la stabilité régionales. L’accord de 2015 n’a pas empêché un accroissement des tensions dans la zone. Un nouvel accord ne les supprimerait pas non plus comme par magie. Je me suis employé, avec les autorités irakiennes, à mettre en place ce que l’on appelle désormais le format « de Bagdad ». Un espace de dialogue qui a réuni pour la première fois, en août 2021, l’ensemble des pays de la région, y compris l’Iran et l’Arabie saoudite. Ce processus peut être élargi pour traiter de la sécurité régionale dans son ensemble. Nous y travaillons", a-t-il encore expliqué.

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