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Les relations entre Arabes israéliens et Juifs se dégradent (étude)

Les Arabes israéliens représentent aujourd'hui un cinquième de la population totale de l'État hébreu.
PHOTO: AHMAD GHARABLI, AFP
De mois en moins d'Arabes israéliens acceptent Israël comme un Etat à majorité juive

Les relations entre les Arabes israéliens et juifs se détériorent sensiblement, chaque groupe devenant moins tolérant envers l'autre, selon des nouvelles études.

Les chercheurs ont interrogé 700 Arabes et 700 Juifs de mai à août 2017, dans le cadre du sondage annuel réalisé par le sociologue de l'université de Haïfa, le Professeur Sammy Smooha.

Plus de la moitié des citoyens arabes n'acceptent pas qu'Israël soit un Etat à majorité juive et ne reconnaissent pas Israël comme un Etat juif et démocratique, une augmentation significative par rapport aux résultats de 2015, précise l'enquête.

Parmi les Juifs, on constate une baisse de la volonté de vivre à côté d'un voisin arabe, d'avoir des élèves arabes dans la même école que leurs enfants, et d'entrer dans les communautés arabes.

L'enquête a rapporté une baisse de la légitimité de l'Etat aux yeux des Arabes et de la légitimité de la minorité arabe aux yeux des juifs.

AFP

Alors que 60,3% des sondés arabes ont accepté Israël comme un État à majorité juive en 2015, seulement 44,6% l'ont fait dans la nouvelle enquête. Ceux qui acceptent Israël en tant qu'État avec l'hébreu comme langue dominante sont passés de 63,4% en 2015 à 49,7% en 2017. Et ceux qui ont accepté la loi du retour d'Israël sont passés de 39% à 25,2%.

Cependant, le nombre de sondés arabes qui pensaient qu'Israël est un bon endroit pour vivre est resté élevé, totalisant 61,9% dans l'enquête actuelle contre 64% en 2015. Et la proportion qui a déclaré préférer vivre en Israël plutot que dans un autre pays a en effet augmenté, passant de 58,8% en 2015 à 60% en 2017.

Lorsqu'on leur a demandé s'ils seraient prêts à passer à un futur État palestinien, 77,4% ont répondu non à l'enquête actuelle, contre 72,2% en 2015.

Côté juif, la proportion de interrogés qui reconnaissent le droit des Arabes à vivre dans le pays en tant que minorité avec des droits de citoyenneté à part entière a diminué, passant de 79,7% en 2015 à 73,8% aujourd'hui.

La part des Juifs désireux d'avoir des élèves arabes dans les écoles de leurs enfants a chuté de 57,5% à 51,6%. Le pourcentage de Juifs refusant d'avoir des voisins arabes a augmenté de 41% à 48%. La proportion de Juifs qui refusent d'entrer dans les communautés arabes a augmenté, passant de 59,3% à 63,7%.

En ce qui concerne le projet de loi sur l'État-nation juif, 67,3% des participants juifs ont estimé qu '«une loi est nécessaire pour assurer la démocratie en Israël seulement si elle ne nuit pas à l'État juif.»

Dans le même temps, 60,7% des juifs interrogés ont soutenu la décision prise par le cabinet en 2015 d'investir 10 milliards de shekels pour stimuler le développement économique dans le secteur arabe.

M. Smooha, qui n'appouve pas la politique du gouvernement envers la minorité arabe, a reproché au gouvernement de poursuivre des politiques qui donnent aux citoyens arabes le sentiment d'être "persécutés politiquement". Il fait référence au projet de loi sur les muezzins et des pratiques telles que la démolition de maisons [construites illégalement] dans des villages non reconnus dans le Néguev.

Menahem Kahana (AFP/Archives)

Il a par ailleurs estimé que l'impasse diplomatique avec les Palestiniens, les déclarations du gouvernement tels que ceux accusant les Arabes pour une série de feux de forêt, une vague de violence arabe en 2015, et l'absence d'impact palpable des mesures économiques du gouvernement ont tous contribué à ces résultats.

"L'impasse diplomatique et les actions des députés arabes tels que le boycott des funérailles de Shimon Peres et la tentative de Ghattas de faire passer des téléphones portables aux prisonniers de sécurité avaient contribué à durcir les attitudes juives.

"Les juifs ont le sentiment que les Arabes n'agissent pas comme des citoyens loyaux", a-t-il affirmé.

M. Smooha a exprimé son inquiétude sur le soutien massif au projet de loi de l'Etat-nation juif.

"Il semble que la majorité du public juif, à l'exception d'une petite minorité, soutienne la subordination de la démocratie au caractère juif de l'Etat et aggrave ainsi le statut de la minorité arabe".

L'adoption du projet de loi «renforcera le message aux Arabes qu'ils sont des citoyens de seconde zone et que l'État appartient aux Juifs».

Pourtant, Smooha a souligné sa conviction que ses découvertes ne préfigurent pas une explosion dans les relations.

"Les Arabes ont lié leur destin au pays et savent qu'un soulèvement ne les aidera pas", a-t-il dit.

Avraham Diskin, politologue au Centre Interdisciplinaire Herzliya, a contesté certaines des interprétations de Sammy Smooha.

"Je ne m'attendrais pas à ce que M. Smooha dise quelque chose de positif au sujet d'un gouvernement de droite en Israël. Il existe une interprétation alternative à ses conclusions, à savoir qu'elles peuvent être le résultat de l'extrémisme des dirigeants arabes et des personnes impliquées dans le terrorisme," a-t-il lancé.

"Les Juifs en ont marre et les Arabes sont influencés par les incitations répétées de leurs dirigeants. Cela dit, nous devons démontrer que nous pouvons vivre ensemble", a conclu M. Diskin.

Commentaires

(2)

Diskin reve. chacun chez soit et les vaches seront bien gardées

Pourtant c’est un etat majoritairement juif c’est quoi leur problème

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