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Syrie: près de 30 civils tués dans le pilonnage de secteurs rebelles du nord (OSDH)

Des Casques blancs, une organisation de secouristes en zone rebelle, luttent contre un incendie après des frappes aériennes sur la ville d'Idleb, le 24 mars 2017 en Syrie
Omar haj kadour (AFP/Archives)

Près de 30 civils, dont des enfants, ont été tués vendredi en Syrie dans des bombardements qui ont visé plusieurs territoires rebelles du nord du pays, des raids parmi les plus meurtriers dans le secteur depuis des mois, a rapporté une ONG.

Des barils d'explosifs largués par des hélicoptères du régime et des raids aériens menés par son allié russe ont visé la province d'Idleb (nord-ouest), dominée par des djihadistes et des rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dans la province voisine d'Alep, des frappes aériennes sur la ville d'Orum al-Koubra ont tué 18 civils dont trois enfants, a indiqué l'OSDH, qui n'était pas en mesure de préciser si ces bombardements ont été menés par le régime et son allié russe.

Un peu plus tôt, onze civils avaient été tués dans la province d'Idleb par des bombardements du régime de Bachar al-Assad ou de Moscou, selon la même source.

Frontalière de la Turquie, la province d'Idleb est une des dernières de Syrie à échapper au contrôle du régime, qui a récemment averti que la reconquête de ce secteur était désormais un de ses objectifs.

"Des raids menés par des avions russes et des barils d'explosifs largués par des hélicoptères syriens ont frappé des secteurs du sud de la province d'Idleb", a rapporté l'OSDH.

Huit civils ont ainsi été tués par le pilonnage de la ville de Khan Cheikhoun, et trois autres personnes, dont un enfant, sont mortes dans les bombardements sur la localité voisine d'Al-Tah, selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

L'organisation des Casques blancs --secouristes en zone rebelle-- ont rapporté ces bombardements intensifs sur les deux secteurs. Un secouriste de Khan Cheikhoun a indiqué à l'AFP que des quartiers résidentiels avaient été touchés.

"Bain de sang"

"Il s'agit des bombardements les plus intenses sur Idleb depuis que la province a été déclarée zone de désescalade l'année dernière", a précisé M. Abdel Rahmane.

Quatre zones de désescalade, négociées par les parrains internationaux des belligérants en Syrie, avaient été instaurées à travers le pays en guerre pour obtenir un arrêt des hostilités. Mais seule subsiste celle d'Idleb, les autres ayant été reconquises par le régime syrien.

Environ 60% de la province d'Idleb est toujours sous contrôle de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), un groupe djihadiste dominé par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, le reste étant partagé entre différents groupes rebelles.

La région compte quelque 2,5 millions d'habitants, dont des dizaines de milliers de rebelles et de civils transférés en masse depuis des bastions de l'opposition, reconquis par le régime ailleurs en Syrie.

Jeudi, des avions du régime ont largué des tracts appelant les habitants d'Idleb à la reddition.

"Jusqu'à quand allez-vous vivre avec vos familles dans la peur et l'inquiétude? (...) La guerre touche à sa fin, il est temps de mettre fin à l'effusion de sang et à la destruction", peut-on lire sur l'un des tracts signés par le commandement des forces armées syriennes.

Les troupes syriennes ont repris des pans entiers du pays ces derniers mois avec l'aide de la Russie qui a négocié des accords de reddition avec les rebelles.

Déclenché en 2011, le conflit en Syrie s'est complexifié au fil des ans avec l'implication de pays étrangers et de groupes djihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé. Il a fait plus de 350.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

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