Le Premier ministre et le président du Yémen en brouille, se voient à Riyad

i24NEWS

3 min
Le Premier ministre Khaled Bahah et le président Abd Rabbo Mansour Hadi lors de la prière de l'Aïd al-Adha le 24 septembre 2015 à Aden
SALEH AL-OBEIDI (AFP)Le Premier ministre Khaled Bahah et le président Abd Rabbo Mansour Hadi lors de la prière de l'Aïd al-Adha le 24 septembre 2015 à Aden

Les deux hommes cherchent à apaiser les tensions, alors que leur pays est ravagé par la guerre

Le Premier ministre et le chef de l'Etat du Yémen sont en brouille et doivent se rencontrer à Riyad, où ils se trouvaient lundi, pour tenter d'apaiser les tensions, alors que leur pays est ravagé par la guerre, a indiqué un responsable yéménite. Depuis mars dernier, les forces progouvernementales yéménites appuyées par une coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite tentent de reprendre les régions conquises par les rebelles chiites houthis, dont la capitale Sanaa. Le chef du gouvernement Khaled Bahah et ses ministres, de même que le président Abd Rabbo Mansour Hadi s'étaient exilés alors dans le royaume saoudien voisin avant de retourner en septembre à Aden, la capitale du Sud, après sa reprise aux insurgés avec l'aide de la coalition. Mais M. Hadi a passé juste quelques jours à Aden avant de regagner l'Arabie saoudite où il a repris ses activités politiques sans annoncer un retour rapide dans son pays.

Et M. Bahah, également vice-président, et des membres de son gouvernement, sont eux aussi retournés à Riyad pour une durée non précisée. Le responsable yéménite a affirmé que "des membres de la famille ou de l'entourage du président Hadi interfèrent dans les affaires du gouvernement" à Aden, déclarée capitale "provisoire" du Yémen, sans donner d'autres précisions sur cette brouille.

M. Bahah doit "rencontrer longuement le président Hadi" et procéder à "des consultations avec la coalition arabe sur les moyens de sécuriser Aden et les autres provinces du sud", a-t-il ajouté sous le couvert de l'anonymat.

Le 6 octobre, des attentats meurtriers revendiqués par le groupe djihadiste Etat islamique (EI), ont secoué Aden. "Le gouvernement n'a pas les moyens de financer sa politique, y compris le processus d'intégration des combattants de la résistance populaire dans l'armée et les forces de sécurité", a ajouté le responsable yéménite sans donner plus de détails. La "Résistance populaire" est une coalition hétéroclite de mouvements hostiles à la rébellion, réunissant des autonomistes du Sud, des combattants islamistes, des volontaires et des membres de tribus sunnites. Selon l'Onu, la guerre qui déchire le Yémen a fait quelque 5.000 morts et 25.000 blessés. La coalition arabe, qui compte des milliers de soldats au sol pour épauler les forces antirebelles sur les différents fronts de guerre, a déployé lundi de nouveaux renforts à Aden, selon une source de sécurité. "Une unité de lutte antiterroriste est arrivée à Aden à bord de deux avions de la coalition".

Ces renforts militaires ont été accompagnés de deux hélicoptères de combat de type Apache, a ajouté la même source. L'intervention de la coalition, au départ aérienne puis terrestre, a largement contribué à la reconquête des provinces du sud où les forces antirebelles ont également repris le détroit stratégique de Bab Al-Mandeb, à l'entrée de la mer Rouge.

Mais une offensive lancée à la mi-septembre dans la province de Marib (centre) pour tenter d'avancer vers Sanaa semble marquer le pas devant la résistance des Houthis aidés des unités de l'armée restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh.

Des tentatives de l'Onu pour favoriser un règlement politique du conflit n'ont pas abouti jusqu'ici.

(AFP)

Cet article a reçu 0 commentaires