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42 000 minutes de silence numérique : le blackout imposé par le régime iranien
95 à 99 % des Iraniens n’ont plus accès à Internet


Depuis plus de 700 heures, soit près de 42 000 minutes, une grande partie de l’Iran est plongée dans un quasi-blackout numérique, illustrant une stratégie assumée du régime pour contrôler l’information et contenir toute contestation. L’accès aux réseaux sociaux, aux services de messagerie et même aux e-mails est fortement restreint depuis janvier, plaçant des millions d’Iraniens dans un isolement informationnel inédit.
Selon Aviram Billash, vice-président du Centre de Jérusalem pour les affaires étrangères et la sécurité, cette obscurité numérique est devenue un véritable outil de guerre. "Le régime s’en sert pour empêcher l’organisation de manifestations et bloquer la diffusion d’informations", explique-t-il, soulignant que la communauté internationale peine à saisir la réalité sur le terrain, en raison de l’absence de flux d’information fiable.
Dans ce contexte, la population iranienne se retrouve contrainte de prendre des décisions cruciales dans un climat d’incertitude et de peur. Le contrôle exercé par les autorités s’étend à tous les aspects de la vie quotidienne, de l’économie à la santé, accentuant un sentiment d’impuissance. Malgré cela, certains citoyens tentent de contourner les restrictions, au péril de leur vie, en diffusant clandestinement des images et témoignages des manifestations.
Le professeur Uzi Rabi décrit cette stratégie comme un mécanisme central du pouvoir iranien : isoler les individus pour empêcher toute mobilisation collective. Des images sorties clandestinement montrent notamment des violences policières contre des jeunes, tandis que des réseaux alternatifs sont utilisés pour maintenir un minimum de communication entre les citoyens.
Les conséquences de ce blackout se font également sentir dans la vie quotidienne. Amin Sabti, spécialiste des droits humains, souligne que jusqu’à 95 à 99 % des Iraniens n’ont plus accès à Internet, rendant des actions simples, comme commander de la nourriture ou des médicaments, quasiment impossibles.
Dans ce contexte tendu, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a adressé un message au peuple iranien, affirmant le soutien d’Israël tout en soulignant que l’avenir du pays dépendra avant tout de ses citoyens. Sur le terrain, selon les témoignages qui parviennent à filtrer, l’Iran apparaît engagé dans une course contre la montre, entre la répression du régime et les signes de résistance d’une population en quête de changement.