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Donald Trump affirme qu’un accord avec l’Iran est « en grande partie négocié »
Selon Axios et le Financial Times, les discussions portent sur un mémorandum d’entente intérimaire de 60 jours.


Le président américain Donald Trump a affirmé samedi soir qu’un accord entre les États-Unis, l’Iran et plusieurs pays du Moyen-Orient était « en grande partie négocié » et devrait être annoncé prochainement. Le texte viserait à mettre fin à la guerre lancée conjointement par Washington et Israël contre la République islamique, tout en rouvrant le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique pour l’approvisionnement mondial en pétrole.
Dans un message publié sur Truth Social, Donald Trump a indiqué avoir eu une « très bonne conversation » avec plusieurs dirigeants régionaux et médiateurs, notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Pakistan, la Turquie, l’Égypte, la Jordanie et Bahreïn. Il a également affirmé s’être entretenu séparément avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, ajoutant que cet appel s’était « très bien passé ».
Selon Axios et le Financial Times, les discussions portent sur un mémorandum d’entente intérimaire de 60 jours. Celui-ci prévoirait la réouverture du détroit d’Ormuz, le retrait des mines qui y auraient été déployées par l’Iran, ainsi que la levée du blocus américain sur les ports iraniens. Washington pourrait aussi alléger certaines sanctions afin de permettre à Téhéran de reprendre plus librement ses exportations de pétrole.
Le texte inclurait également la possibilité de prolonger cette période de 60 jours si les discussions progressent. Un responsable américain cité par Axios a toutefois averti que l’accord pourrait ne pas tenir jusqu’à son terme si Washington estime que l’Iran ne prend pas au sérieux les négociations sur son programme nucléaire.
C’est précisément ce point qui suscite de fortes inquiétudes en Israël. D’après les éléments rapportés, les questions les plus sensibles — l’uranium enrichi, les capacités nucléaires iraniennes, les missiles balistiques et le soutien de Téhéran à ses relais régionaux — ne seraient pas entièrement réglées dans l’accord initial, mais renvoyées à une phase de négociations ultérieure.
Le New York Times a rapporté dimanche matin que l’Iran aurait accepté, en termes très généraux, de renoncer à son uranium enrichi. Mais cet engagement n’a pas été confirmé officiellement par les parties, et Téhéran affirme de son côté que le dossier nucléaire fera l’objet de discussions séparées. Des responsables iraniens ont également indiqué que leur priorité immédiate était de mettre fin aux combats et d’obtenir des garanties contre de nouvelles frappes américaines ou israéliennes.
Selon la chaîne israélienne Channel 12, plusieurs responsables israéliens considèrent les contours de l’accord comme un « très gros problème » pour Israël. Ils redoutent qu’un texte permette à l’Iran d’obtenir rapidement des avantages économiques et stratégiques, notamment la levée de restrictions sur le pétrole, sans engagement immédiat et vérifiable sur son uranium enrichi ou son programme de missiles balistiques.
Benjamin Netanyahou a réuni samedi soir des responsables de la sécurité et des chefs de partis de la coalition pour examiner les développements. Le Premier ministre israélien a répété ces dernières semaines qu’il ne considérerait pas la guerre comme terminée tant que l’Iran n’aurait pas renoncé à son stock d’uranium enrichi, à ses capacités balistiques et à son soutien aux organisations armées alliées, notamment le Hezbollah et le Hamas.
Autre point majeur : l’accord en discussion aborderait aussi la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah. Selon Axios, le mémorandum prévoirait une fin des hostilités sur ce front. Un responsable américain a affirmé qu’il ne s’agirait pas d’un cessez-le-feu « à sens unique », résumant la position américaine ainsi : « Si le Hezbollah se comporte bien, Israël se comportera bien. »
L’agence iranienne Fars, proche des Gardiens de la révolution, a cependant contesté l’annonce de Donald Trump. Elle affirme que le détroit d’Ormuz resterait sous contrôle iranien et a qualifié la déclaration du président américain d’« incomplète » et « non conforme à la réalité ».
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a, lui, salué les « efforts extraordinaires » de Donald Trump pour parvenir à la paix. Deux sources pakistanaises impliquées dans les discussions ont indiqué à Reuters que l’accord en négociation était « assez complet » et visait à mettre officiellement fin à la guerre. De nouvelles discussions pourraient se tenir après la fête de l’Aïd si Washington accepte le cadre proposé.