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Exlusif : Tom Barrack : « Nous étions à deux doigts d’un affrontement militaire entre Israël et la Turquie »
L’émissaire de Donald Trump estime que l’absence de coordination lors des frappes israéliennes en Syrie aurait pu provoquer une escalade directe.


Les frappes israéliennes contre la base aérienne d’Abou al-Duhur, dans le nord-ouest de la Syrie, ont fait courir un « risque réel » d’affrontement militaire direct entre Israël et la Turquie, a averti mercredi Tom Barrack dans un entretien exclusif accordé à i24NEWS.
L’ambassadeur américain en Turquie, également émissaire du président Donald Trump pour la Syrie, a expliqué que les forces turques n’avaient pas été informées de l’arrivée des avions israéliens ni de leur objectif.
« Elles auraient pu décider de faire décoller leurs propres chasseurs, pensant être elles-mêmes attaquées », a-t-il déclaré. « Les événements d’hier étaient graves et préoccupants. Nous sommes toutefois soulagés qu’aucune vie n’ait été perdue et que la situation n’ait pas dégénéré. »
La Syrie a affirmé mardi qu’Israël avait mené huit frappes contre les pistes et les installations de stockage de la base d’Abou al-Duhur, située près d’Alep, à environ 70 kilomètres de la frontière turque.
Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou a ensuite confirmé l’opération, affirmant que Damas était sur le point de rompre le statu quo sécuritaire en autorisant des forces turques à se déployer sur cette base.
Selon Tom Barrack, l’absence de canaux de communication fiables aurait pu rendre la situation « beaucoup plus grave ». Washington mène désormais des discussions discrètes avec les différentes parties afin de rétablir un mécanisme destiné à prévenir les incidents entre Israël et la Syrie.
La Turquie pourrait y participer directement ou indirectement. L’émissaire américain propose notamment la création d’un centre de coordination opérationnel en permanence, avec du personnel parlant hébreu, arabe, anglais et turc.
« Il n’existe aucun obstacle majeur empêchant les parties de maintenir des canaux de communication ouverts. Le dialogue diplomatique reste le meilleur moyen d’éviter des confrontations militaires », a-t-il souligné.
Tom Barrack avait précédemment accueilli plusieurs cycles de discussions entre le gouvernement syrien d’Ahmed al-Charaa et de hauts responsables israéliens. Ces négociations portaient sur un accord frontalier, une possible normalisation et la création en Jordanie d’un mécanisme de prévention des incidents.
« Des progrès importants ont été accomplis pour clarifier les préoccupations des deux parties. Compte tenu des derniers développements, il serait clairement utile de reprendre ces discussions au plus vite », a-t-il affirmé.
La présence éventuelle de militaires ou d’équipements turcs sur des bases syriennes constitue l’un des principaux points de désaccord entre Israël et la Syrie.
En janvier, i24NEWS avait révélé que le possible déploiement du radar turc HTRS-100 à l’aéroport international de Damas suscitait une vive inquiétude en Israël. Capable de détecter des cibles aériennes à une distance comprise entre 150 et 200 kilomètres, ce système pourrait limiter la liberté d’action de l’armée de l’air israélienne en Syrie.
Tom Barrack a toutefois estimé que les infrastructures civiles syriennes ne représentaient pas une menace sécuritaire pour Israël. Selon lui, un réseau radar fonctionnel est indispensable au maintien d’une aviation civile sûre.
L’émissaire américain a enfin appelé Ankara et Jérusalem à faire preuve de retenue afin d’éviter une escalade involontaire « qui pourrait devenir difficile à arrêter ».
« Toutes les parties doivent agir avec patience pour parvenir à une solution stable et durable. Le plan du président Trump offre une voie viable, à condition de lui laisser l’espace et le soutien nécessaires », a-t-il conclu.