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Iran : le régime serait en "mode survie" selon de hauts responsables, Trump menace de nouveau d'intervenir
Le président Masoud Pezeshkian a publiquement admis n'avoir "aucune idée" pour résoudre les problèmes


Selon le New York Times, de hauts responsables à Téhéran ont admis en privé que la République islamique est entrée en "mode survie".
Les manifestations, déclenchées il y a une semaine par une grève des commerçants d'un bazar de Téhéran, se sont rapidement propagées aux quartiers défavorisés et aux campus universitaires. Les manifestants scandent "Mort à Khamenei" et "Liberté", et ont parfois recours à la violence, incendiant des bâtiments et véhicules gouvernementaux. A ce jour, la répression a fait au moins 16 morts.
Face à la crise, les dirigeants iraniens semblent dépassés. Le président Masoud Pezeshkian a publiquement admis n'avoir "aucune idée" pour résoudre les problèmes. Tout en admettant que les revendications d'ordre économique étaient légitimes, le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a adopté une ligne plus dure, déclarant que "les manifestants doivent être remis à leur place" et imputant l'effondrement de la monnaie à des ennemis étrangers. Ce lundi, le président du Parlement a quant à lui appelé au dialogue avec les manifestants.
Le ministre des Affaires étrangères Abbas Aragchi a qualifié jeudi, lors d'une réunion à huis clos avec des responsables médiatiques, la situation de "lutte pour la survie du régime". Il a affirmé que toute perspective de négociations avec Washington était inexistante.
L'ombre de Maduro plane sur Téhéran
Les craintes se sont intensifiées après l'opération militaire américaine au Venezuela et l'arrestation de Nicolas Maduro, perçue comme un avertissement aux alliés de l'Iran. Suite aux menaces de Trump contre Téhéran, le Conseil suprême de sécurité nationale a tenu vendredi soir une réunion d'urgence pour discuter des moyens de contenir les manifestations avec moins de violence et se préparer à d'éventuelles frappes militaires.
À Téhéran, l'inquiétude grandit que l'instabilité intérieure n'offre à Israël l'occasion d'une nouvelle attaque, similaire à celle de juin qui avait endommagé des installations nucléaires. Donald Trump a par ailleurs menacé d'une intervention américaine si le régime s'en prenait "à des manifestants pacifiques". Interrogé dimanche sur la date à laquelle les États-Unis pourraient intervenir, le président américain a déclaré : « Nous suivons la situation de très près. S'ils recommencent à tuer des gens comme par le passé, je pense qu'ils subiront une riposte très sévère de la part des États-Unis. »
Appuyant les dires du président américain, le département d'Etat a publié quelques heures plus tard une déclaration en persan adressée aux Iraniens, à l'instar de celles diffusées par le compte X du Mossad depuis l'opération "Eveil du lion" en juin : « Le président Trump est un homme d'action. Si vous l'ignoriez, vous le savez maintenant », allusion à l'opération américaine au Venezuela qui s'est soldée par la capture de Nicolas Maduro. Une photo menaçante du président et de ses conseillers a également été publiée, accompagnée du message suivant en persan : « Ne jouez pas avec le président Trump. »
La crise économique, exacerbée par les sanctions imposées après le retrait américain de l'accord nucléaire en 2018 et les mesures supplémentaires de l'ONU en septembre dernier, alimente les troubles. Les mesures prises par le gouvernement, comme le remplacement du gouverneur de la banque centrale, n'ont guère porté leurs fruits.
Un groupe de 17 militants pro-démocratie, dont la lauréate du prix Nobel Narges Mohammadi, a appelé les forces de sécurité à s'abstenir d'attaquer les manifestants, affirmant que seule une transition du pouvoir et la fin du régime de la République islamique peuvent sauver l'Iran.