- i24NEWS
- International
- Moyen-Orient
- Iran : les Gardiens de la Révolution évoquent une "ligne rouge" face aux manifestations
Iran : les Gardiens de la Révolution évoquent une "ligne rouge" face aux manifestations
Les Gardiens de la Révolution ont averti que la sécurité nationale constituait une « ligne rouge », tandis que des ONG font état de dizaines de morts et de milliers d’arrestations.


Les autorités iraniennes ont durci leur discours et leur réponse sécuritaire face aux manifestations les plus étendues qu’ait connues le pays depuis plusieurs années. Samedi, les Gardiens de la Révolution islamique ont averti que la préservation de la sécurité nationale constituait une « ligne rouge », tandis que l’armée affirmait sa détermination à protéger les biens publics, dans un contexte de répression accrue.
Selon un témoin joint par téléphone dans l’ouest de l’Iran, des unités des Gardiens de la Révolution ont été déployées sur le terrain et auraient ouvert le feu dans la zone. Le témoin a requis l’anonymat par crainte de représailles. Ces informations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Dans un communiqué diffusé par la télévision d’État, les Gardiens de la Révolution ont accusé des « terroristes » d’avoir pris pour cible, au cours des deux dernières nuits, des bases militaires et des installations des forces de l’ordre. Ils affirment que ces attaques ont causé la mort de plusieurs civils et membres des forces de sécurité, et entraîné des incendies de biens publics et privés. Le communiqué insiste sur le caractère « inacceptable » de la poursuite des troubles.
Les bilans humains divergent selon les sources. L’organisation iranienne de défense des droits humains HRANA indique avoir recensé 65 morts au 9 janvier, dont 50 manifestants et 15 membres des forces de sécurité. De son côté, l’ONG Hengaw, basée en Norvège, affirme que plus de 2 500 personnes ont été arrêtées au cours des deux dernières semaines.
Ces chiffres témoignent de l’ampleur de la crise en cours, alors que le pouvoir religieux tente de reprendre le contrôle de la situation par une combinaison de déploiement militaire, de discours sécuritaire et de restrictions accrues, dans un climat de fortes tensions politiques et sociales.