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"Israël a le droit de poursuivre ses attaques contre le Hezbollah", estime le chef de la diplomatie libanaise
Plusieurs figures proches du Hezbollah ont publiquement dénoncé la position du ministre, l’accusant de servir les intérêts israéliens


Une déclaration du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, a provoqué une vive polémique au Liban et déclenché une vague de critiques de la part des terroristes du Hezbollah et de leurs soutiens politiques. Dans un entretien accordé à Sky News, relayé mercredi par la chaîne israélienne N12, le chef de la diplomatie libanaise a estimé que "tant que le Hezbollah n’est pas totalement désarmé, Israël a le droit de poursuivre ses attaques".
Ces propos ont immédiatement suscité l’ire des cercles pro-Hezbollah, qui y voient une remise en cause directe de la ligne officielle défendue par le mouvement terroriste chiite et ses alliés. Plusieurs figures proches du Hezbollah ont publiquement dénoncé la position du ministre, l’accusant de servir les intérêts israéliens.
Le quotidien libanais Al-Akhbar, réputé proche des terroristes du Hezbollah, a publié un article particulièrement virulent, qualifiant Youssef Rajji de "porte-parole de l’ennemi au sein du gouvernement". Le journal a appelé le Premier ministre et le président libanais à intervenir contre le ministre des Affaires étrangères, l’accusant de détourner la diplomatie libanaise de sa mission. Selon Al-Akhbar, Youssef Rajji aurait transformé le ministère en une "tribune mobile", usant d’un langage diplomatique jugé complaisant envers Israël et vidé de toute substance politique nationale.
"Il est inutile de le mettre en garde ou de tenter de le recadrer", affirme le journal, estimant que le ministère des Affaires étrangères "ne reflète plus ni une position libanaise ni un rôle souverain".
Les critiques se sont également exprimées au Parlement. Ali Ammar, député affilié aux terroristes du Hezbollah, a condamné avec fermeté les propos du ministre, les qualifiant d’"échec politique, national et moral retentissant". Il a lui aussi exhorté les plus hautes autorités de l’État à réagir et à prendre position contre les déclarations de Youssef Rajji.
Cette polémique met en lumière les profondes divisions qui traversent la scène politique libanaise, alors que le pays est confronté à de fortes tensions sécuritaires et diplomatiques liées au rôle du Hezbollah et à la situation régionale. Elle illustre également la difficulté pour les autorités libanaises de définir une ligne commune face aux enjeux liés à Israël et à la présence armée du Hezbollah sur le territoire libanais.