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Israël aurait demandé au Qatar d’intensifier son aide financière à Gaza juste un mois avant le 7 octobre
En septembre 2023, des responsables israéliens ont rencontré à Jérusalem Mohammed al-Emadi, l’envoyé qatari à Gaza


Selon un article du quotidien Yedioth Aharonoth publié ce vendredi, Israël aurait sollicité le Qatar pour augmenter son soutien financier à la bande de Gaza à peine un mois avant l’attaque meurtrière du Hamas le 7 octobre 2023.
En septembre 2023, des responsables israéliens ont rencontré à Jérusalem Mohammed al-Emadi, l’envoyé qatari à Gaza. Al-Emadi, qui avait supervisé l’acheminement de centaines de millions de dollars vers Gaza entre 2018 et 2021, aurait été prié d’augmenter les achats de carburant effectués par Doha auprès de l’Égypte pour le compte du Hamas. Ce carburant, ensuite revendu par le mouvement islamiste aux stations-service locales, permettait de financer son administration et de rémunérer ses cadres.
Le rapport indique que cette pratique, initiée en 2021, bénéficiait d’un soutien tacite d’Israël, qui évitait ainsi de verser directement des fonds au Hamas tout en contribuant à la stabilité relative de Gaza. Quelques semaines avant la réunion de Jérusalem, al-Emadi avait déjà rencontré Yahya Sinwar, alors chef du Hamas, qui lui avait demandé d’augmenter les achats mensuels de carburant de 3 à 7 millions de dollars. Le Qatar avait décliné cette demande à l’époque.
Le journal souligne qu’Israël aurait formulé une demande similaire peu après, dans le cadre d’un accord visant à calmer les manifestations de la « Marche du Retour », des rassemblements hebdomadaires à la frontière entre Gaza et Israël interprétés par les services de sécurité israéliens comme un moyen pour le Hamas de faire pression sur l’État hébreu et de consolider le statu quo.
Dans les semaines précédant le 7 octobre, le Mossad aurait également contacté Doha pour s’assurer de la poursuite des paiements à Gaza, selon un article du New York Times de décembre 2023. Ces flux financiers, qui atteignaient des dizaines de millions de dollars par mois depuis 2018, avaient été présentés publiquement par le Premier ministre Benjamin Netanyahou comme un moyen de prévenir une catastrophe humanitaire.
Alors que le Hamas s'était abstenu à l'époque de prendre part au dernier round de tirs de roquettes contre Israël initié par le Jihad islamique, le gouvernement israélien - celui de netanyahou puis celui de Bennett-Lapid - répétait à l'envi que l'organisation terroriste au pouvoir à Gaza avait été "dissuadée" et que les relations bilatérales étaient entrées dans une nouvelle phase : celle de "l'économie et la prospérité en échange de la paix".