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La Turquie chercherait à dissuader la Syrie de s'engager contre le Hezbollah
La Turquie considère qu'un affaiblissement majeur, voire une disparition du Hezbollah, profiterait avant tout à Israël et irait donc à l'encontre de ses intérêts stratégiques dans la région


La Turquie tenterait d'empêcher le président syrien Ahmed al-Sharaa de participer aux efforts visant à affaiblir le Hezbollah au Liban, a rapporté le diffuseur public israélien Kan. D'après une source syrienne proche du pouvoir citée par le média, Ankara conseille depuis plusieurs semaines au dirigeant syrien de ne pas s'associer aux initiatives menées par Israël et le gouvernement libanais contre l'organisation terroriste chiite.
Toujours selon cette source, la Turquie considère qu'un affaiblissement majeur, voire une disparition du Hezbollah, profiterait avant tout à Israël et irait donc à l'encontre de ses intérêts stratégiques dans la région. Cette position contraste avec les récentes déclarations du président américain Donald Trump, qui a laissé entendre qu'Ahmed al-Sharaa serait disposé à coopérer dans la lutte contre le Hezbollah. Le dirigeant syrien doit se rendre à Washington la semaine prochaine, où Trump entendrait notamment aborder cette question.
Ces informations interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre Ankara et Jérusalem. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a récemment dénoncé les frappes israéliennes en Syrie et au Liban, affirmant qu'elles représentaient désormais une menace pour la Turquie elle-même. Il a également accusé Israël de mener des initiatives déstabilisatrices en Méditerranée et estimé que "l'agression israélienne menace le monde entier". Erdogan a averti que toute atteinte aux intérêts turcs ou chypriotes turcs entraînerait une réponse ferme d'Ankara.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a vivement réagi à ces déclarations, qualifiant Erdogan de "dictateur antisémite" et l'accusant de soutenir l'organisation terroriste Hamas. Netanyahou a affirmé qu'Israël poursuivrait ses opérations contre l'Iran et ses alliés régionaux, qu'il considère comme une menace pour la stabilité du Moyen-Orient.
Les relations entre Israël et la Turquie se sont fortement détériorées depuis l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Alors qu'un rapprochement semblait encore possible avant cette date, Erdogan a multiplié depuis les critiques contre l'État hébreu, allant jusqu'à qualifier Israël d'"État terroriste". Le président turc a également affiché son soutien au Hamas à plusieurs reprises, notamment en recevant à Istanbul l'ancien chef politique de l'organisation terroriste, Ismail Haniyeh, tué par la suite lors d'une opération attribuée à Israël. Selon Erdogan, plus d'un millier de membres du Hamas auraient également été soignés dans des hôpitaux turcs.