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La Turquie et l'Arabie saoudite signent un accord pour la construction de centrales solaires
Porté par le groupe saoudien ACWA Power, le projet illustre le rapprochement politique entre les deux puissances et l’ambition turque de réduire sa dépendance au charbon.


La Turquie et l’Arabie saoudite franchissent une nouvelle étape dans leur coopération énergétique. L’accord signé sur les rives du Bosphore prévoit la construction de deux centrales photovoltaïques dans les provinces de Sivas et Karaman, au centre de la Turquie. Avec une capacité combinée de 2 000 mégawatts, ces installations pourraient fournir de l’électricité à environ 2,1 millions de foyers, selon les autorités.
La signature intervient dans le prolongement de la visite du président Recep Tayyip Erdogan à Riyad début février, au cours de laquelle un accord énergétique de deux milliards de dollars avait déjà été conclu. Ce partenariat confirme le réchauffement diplomatique engagé depuis 2022, après plusieurs années de tensions consécutives à l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018 à Istanbul.
Le ministre turc de l’Énergie, Alparslan Bayraktar, a salué « l’un des plus importants investissements nationaux et étrangers » du secteur énergétique turc. Il a insisté sur l’impact économique du projet, affirmant qu’il permettra de sécuriser l’approvisionnement électrique à un « prix exceptionnellement bas », un argument central dans un pays confronté à une forte dépendance aux importations d’énergie.
La Turquie revendique une « révolution énergétique ». En 2025, 62 % des nouvelles capacités installées provenaient de sources renouvelables. Ankara vise désormais 120 000 MW de capacité solaire et éolienne d’ici 2035 et s’est fixé l’objectif de neutralité carbone en 2053. Toutefois, 33,6 % de la production d’électricité reposait encore sur le charbon l’an dernier. À court terme, les autorités envisagent de substituer partiellement le gaz au charbon, avant un recours accru au nucléaire à moyen et long terme.
Ce projet solaire s’inscrit ainsi à la fois dans une stratégie de transition climatique et dans un repositionnement géopolitique régional.