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Le Hezbollah avertit : tout désarmement risque de plonger le Liban dans une guerre civile
"Toute tentative de monopole étatique des armes hors du Sud-Liban est le pire crime que l’État puisse commettre", a affirmé un haut responsable de l'organisation terroriste


Un haut responsable du Hezbollah a mis en garde le gouvernement libanais contre toute tentative de désarmement du groupe à l’échelle nationale, estimant que cela pourrait déstabiliser le pays et même provoquer une guerre civile.
Dans une interview accordée à la chaîne russe RT, Mahmoud Kamati, membre du bureau politique du Hezbollah, a qualifié toute tentative de monopole étatique des armes hors du Sud-Liban de « pire crime que l’État puisse commettre ». « La voie empruntée par le gouvernement et les institutions libanaises mènera le Liban à l’instabilité, au chaos et peut-être même à la guerre civile », a-t-il affirmé, tout en soulignant que son organisation n’entend pas entrer en confrontation avec l’armée libanaise.
Le Liban s’est engagé à placer toutes les armes sur son territoire sous contrôle étatique, conformément à l’accord de 2024 qui a mis fin aux hostilités entre le Hezbollah et Israël. Mais le groupe chiite insiste sur le fait que cet accord ne concerne que le Sud-Liban, la région frontalière avec Israël, et refuse de rendre son arsenal situé dans le reste du pays.
La semaine dernière, l’armée libanaise a annoncé avoir pris le contrôle opérationnel de la zone comprise entre le fleuve Litani et la frontière israélienne, tout en précisant que le démantèlement des tunnels et des stocks de munitions reste à effectuer. Début février, le gouvernement avait demandé à l’armée de soumettre un rapport sur sa stratégie de désarmement dans d’autres régions du pays.
Dans le même temps, le Hezbollah a conditionné tout dialogue sur le désarmement à la prise en compte de ses exigences vis-à-vis d’Israël. Selon Kamati, Jérusalem doit retirer ses forces de cinq positions fortifiées dans le sud du Liban, cesser ses frappes aériennes quasi quotidiennes et libérer les prisonniers libanais avant d’envisager toute discussion sur les armes. « Il n’y aura ni discussion ni dialogue concernant la situation au nord du Litani tant qu’Israël ne se sera pas retiré de tout le territoire libanais, n’aura pas libéré les prisonniers et mis fin à ses violations contre le Liban », a-t-il déclaré.
Israël, de son côté, estime que les efforts de désarmement du Hezbollah sont insuffisants et accuse le groupe de tenter de se reconstituer, ce qui accentue la pression sur les dirigeants libanais déjà confrontés au risque d’une escalade militaire.