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Le Qatar refuse pour l’heure de jouer les médiateurs entre Washington et Téhéran
Le Qatar préférerait voir d’autres acteurs, moins directement exposés au conflit, comme le Pakistan, l’Égypte ou la Turquie, prendre l’initiative des efforts diplomatiques


Le Qatar ne souhaite pas, à ce stade, endosser un rôle de médiateur entre les États-Unis et l’Iran, a confié à Kan un diplomate arabe samedi soir. Cette position intervient alors que le Premier ministre qatari, Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, s’est récemment rendu à Washington où il a rencontré de hauts responsables américains.
D’après cette source, Doha estime que sa position actuelle, en première ligne face aux tensions régionales, complique toute tentative de médiation. Le Qatar préférerait voir d’autres acteurs, moins directement exposés au conflit, comme le Pakistan, l’Égypte ou la Turquie, prendre l’initiative des efforts diplomatiques, tout en se tenant prêt à soutenir ces démarches en coulisses.
Cette posture illustre l’équilibre délicat que cherche à maintenir l’émirat. D’un côté, il entend éviter d’apparaître trop conciliant envers Téhéran aux yeux de ses voisins du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. De l’autre, il continue de favoriser discrètement une désescalade. Selon des informations relayées par des médias libanais, des contacts auraient même permis d’aboutir à des arrangements avec l’Iran après des frappes ayant visé des installations gazières qataries, contribuant à une baisse notable des attaques.
Plus largement, ces dynamiques reflètent des divergences au sein du Golfe. Tandis que des pays comme Oman, le Qatar et le Koweït privilégient une issue négociée au conflit, d’autres, comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn, semblent prêts à supporter une poursuite des hostilités tant que la menace iranienne n’est pas neutralisée.
En parallèle, Doha cherche à renforcer sa coopération sécuritaire avec Washington, notamment pour mieux protéger ses infrastructures énergétiques face aux attaques iraniennes. Les discussions portent également sur la garantie de la liberté de navigation internationale, sans pour autant envisager une participation qatarie à une coalition militaire destinée à sécuriser le détroit d’Ormuz.