- i24NEWS
- International
- Moyen-Orient
- Les familles d’anciens combattants de l’ALS réfugiées en Israël pourront rentrer au Liban
Les familles d’anciens combattants de l’ALS réfugiées en Israël pourront rentrer au Liban
Des Libanais avaient fui vers Israël par crainte de représailles du Hezbollah et de ses partisans après le retrait de Tsahal du Sud-Liban en 2000


Le Parlement libanais a adopté mercredi une loi d’"amnistie générale" couvrant plusieurs catégories d’infractions, pour l’essentiel à caractère politique. Le texte doit notamment permettre à des familles de membres de l’Armée du Liban Sud (ALS), réfugiées en Israël après le retrait de Tsahal du Sud-Liban en 2000, de revenir dans leur pays.
La députée chrétienne Ghada Ayoub a affirmé que son parti avait obtenu l’inclusion dans la loi des Libanais ayant fui vers Israël par crainte de représailles du Hezbollah et de ses partisans. Selon elle, les personnes qui n’avaient pas intégré de structure militaire ou sécuritaire, ainsi que leurs familles, pourront bénéficier de cette amnistie et envisager un retour au Liban.
Le dispositif ne concernerait toutefois pas les anciens combattants de l’ALS eux-mêmes. Ceux-ci restent considérés par une partie de l’opinion libanaise comme des "traîtres", malgré le fait que la création de cette force, dans les années 1970, avait initialement bénéficié de l’appui des autorités libanaises pendant la guerre civile.
En Israël, l’association représentant d’anciens membres de l’ALS a vivement critiqué le texte. Elle estime que parler d’"amnistie" revient à placer ses membres dans la même catégorie que des criminels, des trafiquants de drogue ou des membres de Daech également concernés par la loi. L’organisation dénonce aussi le fait que seules les femmes et les enfants ayant quitté le Liban en mai 2000 seraient couverts, tandis que les anciens combattants risqueraient toujours l’arrestation et des poursuites en cas de retour.
La loi vise avant tout les détenus qualifiés au Liban d’"islamistes", principalement des sunnites emprisonnés après avoir soutenu des groupes rebelles opposés au régime de Bachar al-Assad pendant la guerre civile syrienne, notamment par des transferts d’armes ou d’argent, et parfois par des attaques contre le Hezbollah au Liban.
Selon le député Imad al-Hout, 79 détenus sur 146 devraient être libérés dans ce cadre, à condition de ne pas être impliqués dans des crimes de sang. Pour le député druze Bilal Abdallah, cette adoption met fin à une période durant laquelle une partie de la société libanaise s’estimait prise pour cible par l’État, les services de sécurité et la justice militaire.