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Les Gardiens de la révolution dirigent de facto l’Iran, marginalisant le guide suprême (New York Times)
Le pouvoir en Iran semble basculer vers les Gardiens de la révolution, reléguant le guide suprême Mojtaba Khamenei à un rôle largement symbolique.


Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, n’exerce pas un contrôle centralisé comparable à celui de son père, Ali Khamenei, selon une enquête du The New York Times. Le pouvoir s'est alors progressivement déplacé vers les hauts commandants du Corps des Gardiens de la révolution islamique, désormais au cœur des décisions stratégiques et diplomatiques.
Fondé sur des entretiens avec des responsables iraniens actuels et anciens, des membres du corps militaire d’élite et des sources proches du pouvoir, le rapport décrit un dirigeant affaibli et largement dépendant de son entourage. Abdolreza Davari, ex-conseiller de l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad, affirme que le nouveau guide «gère le pays comme un président de conseil d’administration», s’appuyant fortement sur ses «membres», à savoir les généraux.
«Mojtaba n’est pas encore pleinement aux commandes», estime également Sanam Vakil, évoquant des décisions souvent présentées comme des faits accomplis. Gravement blessé lors de frappes américano-israéliennes ayant éliminé son père fin février, le nouveau guide vivrait reclus, communiquant par messages manuscrits transmis via des intermédiaires. Son absence médiatique viserait à ne pas exposer une image de faiblesse.
Dans ce contexte, les Gardiens de la révolution ont pris la main sur les dossiers clés, de la stratégie militaire aux négociations internationales. Ali Vaez va plus loin, estimant que «Mojtaba est subordonné aux Gardiens de la révolution», un «leader de façade».
Ce basculement marque une rupture avec l’ère précédente, où le guide suprême détenait l’autorité ultime. Désormais, selon le rapport, les généraux pilotent des décisions majeures, allant des attaques contre Israël à la fermeture du détroit d’Ormuz, en passant par les discussions de cessez-le-feu avec Washington.
Des divergences subsistent au sommet de l’État, notamment sur l’opportunité de négocier avec les États-Unis. Mais, selon ces sources, les militaires ont imposé leur ligne, illustrée récemment par la suspension des pourparlers dans un contexte de tensions maritimes croissantes.