- i24NEWS
- International
- Moyen-Orient
- Les manifestations se poursuivent en Iran pour une septième nuit, le bilan s’alourdit à 15 morts
Les manifestations se poursuivent en Iran pour une septième nuit, le bilan s’alourdit à 15 morts
Selon des ONG, le bilan humain s’est alourdi à au moins 15 morts, tandis que les arrestations se multiplient dans un climat de forte tension politique et sociale.


Les protestations contre la crise économique et le malaise social en Iran se poursuivent pour une septième nuit consécutive, a rapporté samedi la Human Rights Activists News Agency (HRANA), faisant état d’au moins 15 morts depuis le début du mouvement. Ces décès incluent des manifestants et au moins un membre des forces de sécurité, tandis que l’usage de tirs à balles réelles par les forces de l’ordre a été constaté dans plusieurs villes.
Les rassemblements ont commencé la semaine dernière, d’abord dans des centres urbains frappés par l’inflation galopante et la dévaluation du rial, avant de s’étendre à près de 60 villes dans 25 provinces. Des vidéos vérifiées montrent des affrontements entre manifestants et forces de sécurité, l’emploi de gaz lacrymogènes et des arrestations massives.
Les autorités iraniennes ont imposé un contrôle strict de l’information, limitant les médias indépendants et rendant difficile la vérification complète des faits. Malgré cela, HRANA indique que plus de 580 personnes ont été arrêtées, un nombre qui pourrait être largement sous-estimé en raison des pressions exercées sur les familles et des restrictions sur les communications.
Le guide suprême, Ali Khamenei, a publiquement qualifié les manifestants de « fauteurs de troubles », déclarant qu’ils devaient être remis « à leur place », ce qui est perçu comme un signal de soutien à une répression accrue. En parallèle, le président Masoud Pezeshkian a tenté d’ouvrir un dialogue avec des représentants des marchands et étudiants, tout en reconnaissant les difficultés économiques que traverse le pays.
Les protestations reflètent la frustration généralisée face à une inflation élevée, à la chute de la monnaie nationale et à la faiblesse du pouvoir d’achat des Iraniens. Elles représentent l’une des mobilisations les plus étendues dans le pays depuis les grandes manifestations de 2022, déclenchées après la mort de Mahsa Amini, un symbole marquant de l’opposition à la politique répressive du régime.
La situation reste instable et la répression pourrait s’intensifier, alors que la population continue de descendre dans la rue malgré les risques encourus.