- i24NEWS
- International
- Moyen-Orient
- Soutien saoudien et garanties de protection israélo-américaines : les clés de l’accord avec le Liban
Soutien saoudien et garanties de protection israélo-américaines : les clés de l’accord avec le Liban
Joseph Aoun aurait consulté plusieurs dirigeants de la région avant de conclure l’accord


Le président libanais Joseph Aoun aurait obtenu à la fois le soutien des principales monarchies du Golfe et des garanties sécuritaires américaines pour mener à bien le rapprochement diplomatique avec Israël, selon plusieurs sources diplomatiques citées par Israel Hayom. Ces assurances auraient contribué à renforcer la confiance des autorités libanaises dans un contexte de fortes tensions avec le Hezbollah et son allié iranien.
Cette nouvelle donne s’est notamment illustrée par la condamnation inhabituelle, ce dimanche, des frappes iraniennes contre Bahreïn et le Koweït par Joseph Aoun. Cette prise de position, intervenue deux jours après la signature à Washington de l’accord-cadre entre Israël et le Liban, est interprétée par plusieurs observateurs comme le signe d’une plus grande marge de manœuvre du président libanais face au Hezbollah.
Selon une source diplomatique de haut rang dans le Golfe, Joseph Aoun aurait consulté plusieurs dirigeants de la région avant de conclure l’accord, notamment le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, ainsi que le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane. Tous deux lui auraient donné leur feu vert pour poursuivre ce processus diplomatique. Le Qatar, en revanche, n’aurait pas participé à cette phase des discussions.
Le soutien de Riyad revêt une importance particulière. Malgré les tensions régionales, l’Arabie saoudite avait jusqu’à présent maintenu une position prudente vis-à-vis de l’Iran. En contrepartie de cet appui politique, Beyrouth espérerait désormais obtenir des investissements des pays du Golfe afin de contribuer au redressement d’une économie libanaise en profonde crise.
Parallèlement, Washington aurait fourni à Joseph Aoun des garanties concernant sa sécurité personnelle ainsi que celle des principaux responsables libanais favorables à l’accord avec Israël. Selon deux sources diplomatiques, les États-Unis, avec l’appui indirect de services de renseignement israéliens et occidentaux, participeraient à la protection du président, du Premier ministre Nawaf Salam et du ministre des Affaires étrangères Youssef Raji. Ces mesures tiennent compte de l’histoire politique du Liban, marquée par de nombreux assassinats de personnalités opposées à la Syrie puis au Hezbollah.
Toujours selon ces sources, les opérations menées par Israël contre le Hezbollah au cours des derniers mois, notamment l’élimination de son secrétaire général Hassan Nasrallah et d’une grande partie de son état-major militaire, auraient considérablement réduit la capacité du mouvement à intimider ou éliminer ses adversaires politiques. Cette évolution aurait créé les conditions permettant au gouvernement libanais d’engager un dialogue avec Israël.
Au-delà des garanties sécuritaires, Beyrouth mise également sur un important soutien financier occidental. Les États-Unis ont déjà annoncé leur intention d’accroître leur aide à l’armée libanaise, notamment par des financements, des formations et des équipements, une démarche également soutenue par l’Union européenne. Les autorités libanaises espèrent désormais obtenir le déblocage de prêts et de dons de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, suspendus depuis plusieurs années en raison de la crise politique, de la corruption et de l’influence du Hezbollah sur les institutions du pays.