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Syrie : l’ancien régime accusé de comploter avec le Mossad pour déstabiliser le nouveau régime
Des enregistrements diffusés par Al Jazeera auraient été recueillis par un pirate informatique s’étant fait passer pour un agent israélien


Des responsables de l’ancien régime syrien de Bachar al-Assad auraient comploté pour déstabiliser la nouvelle administration en place, selon des enregistrements audio obtenus par Al Jazeera et publiés mercredi. Ces éléments laissent entendre que certains de ces acteurs pensaient agir en coordination avec Israël.
Les enregistrements auraient été recueillis par un pirate informatique s’étant fait passer pour un agent du Mossad afin d’entrer en contact avec d’anciens responsables du régime. Parmi les personnes citées figure Suheil al-Hassan, ex-général de brigade et ancien commandant de l’unité d’élite Quwwat al-Nimr.
Dans l’un des extraits diffusés, une voix affirme : « L’État d’Israël, avec toutes ses capacités, sera à vos côtés. » Une autre voix, attribuée à Hassan, évoque l’existence d’un niveau de coordination supérieur, mentionnant un certain « Rami », et affirme détenir des « informations de renseignement dangereuses ».
Ghiath Dalla, autre ancien général de brigade des forces loyalistes, apparaîtrait également dans les enregistrements. Al Jazeera a indiqué que l’intégralité de l’enquête, comprenant plus de 74 heures d’audio et des centaines de pages de documents, serait publiée dans le courant du mois de janvier.
Ces révélations interviennent peu après un article du New York Times, qui identifiait Suheil al-Hassan comme l’un des principaux acteurs des tentatives de déstabilisation. Le quotidien américain affirmait qu’il serait retourné à plusieurs reprises en Syrie depuis son exil en Russie, afin de tirer parti des tensions au sein de la communauté alaouite, en distribuant des fonds, en recrutant des combattants et en se procurant des armes lors de déplacements au Liban, en Syrie et en Irak.
Sur le terrain, les autorités syriennes ont imposé cette semaine un couvre-feu dans plusieurs zones à majorité alaouite, après plusieurs nuits de manifestations. Cette communauté est particulièrement visée depuis la chute du régime Assad, en raison de ses liens supposés avec l’ancien pouvoir. Plus de 1 000 Alaouites auraient été tués en mars par des groupes affiliés à l’ancien régime, tandis qu’une attaque contre une mosquée alaouite près de Homs a fait huit morts la semaine dernière.
Les médias d’État syriens ont annoncé l’arrestation d’une douzaine de personnes soupçonnées d’être impliquées dans ces activités de déstabilisation. Le ministère de l’Intérieur a également affirmé avoir démantelé, dans la région de Jableh, une cellule armée affiliée à Suheil al-Hassan.
Dans un message publié récemment, le ministre syrien du Renseignement, Annas Khatab, a averti que « les vestiges de l’ancien régime et leurs réseaux criminels » feraient face à des conséquences s’ils poursuivaient leurs actions visant à semer le chaos dans le pays.