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David Cunio raconte l’enfer de sa captivité : "La pensée de ma famille m’a maintenu en vie"
"Pendant longtemps, on survivait avec 250 millilitres d’eau et une demi-pita par jour", raconte-t-il


Dans un témoignage bouleversant accordé à N12, l’ancien otage David Cunio est revenu sur les deux années qu’il a passées aux mains des terroristes du Hamas après l’attaque du 7 octobre 2023. Il a décrit la terreur, la séparation forcée d’avec ses proches, la faim et la guerre psychologique, mais aussi la force qu’il a puisée en pensant à sa famille.
Le 7 octobre, alors que d’autres membres de la famille Cunio luttaient pour survivre dans des maisons voisines, des terroristes ont fait irruption chez David et Sharon, ont mis le feu à leur domicile et les ont violemment arrachés à leur vie. David a tenté de protéger sa femme et leurs filles, Yuli et Emma, mais il a fini capturé alors qu’il essayait de fuir avec Yuli. Sharon et Emma ont été enlevées séparément. Blessés, David, Sharon et Yuli ont été emmenés à Gaza sans savoir ce qu’il était advenu d’Emma.
“Nous étions torturés par l’idée qu’Emma n’était pas avec nous”, raconte-t-il. “Nous répétions sans cesse qu’il manquait une petite fille, la sœur jumelle de Yuli, mais personne ne savait rien. C’était le chaos total.”
La famille a finalement été réunie à l’hôpital Nasser de Khan Younès, une scène exploitée cyniquement par les terroristes pour une vidéo de propagande. Les retrouvailles, pourtant espérées, ont été déchirantes : Emma ne reconnaissait pas ses parents avant que Sharon ne parvienne progressivement à la rassurer.
Le moment le plus difficile pour David a toutefois été la séparation. Le 49e jour, Sharon et les filles ont été libérées dans le cadre du premier accord d’otages, tandis que lui restait prisonnier. “Dire au revoir à Sharon, Yuli et Emma a été le pire moment de ma vie”, confie-t-il. “Je suppliais qu’on ne m’abandonne pas.”
Dans les tunnels de Gaza, il a subi privations extrêmes et mauvais traitements. “Pas de nourriture, pas d’eau. Pendant longtemps, on survivait avec 250 millilitres d’eau et une demi-pita par jour”, raconte-t-il. Les otages étaient contraints de rester debout au passage de leurs geôliers, malgré la faiblesse, les étourdissements, parfois jusqu’à l’évanouissement.
Pour tenir, il s’est accroché mentalement à sa famille. Il parlait intérieurement à ses filles, priait en tenant un élastique retrouvé dans sa poche, portant autour du cou des colliers improvisés avec des noyaux de dattes. “Ça me ramenait à la réalité, ça me donnait un peu de force.”
Le jour de sa libération, il apprend soudain que son frère Ariel va sortir avec lui. La scène de retrouvailles est submergée de larmes et d’émotion. Mais ce n’est qu’au cours d’un appel vidéo avec leur famille qu’ils découvrent que tous leurs proches ont survécu au massacre.
Aujourd’hui, David porte ce témoignage comme une mémoire douloureuse mais aussi comme la preuve d’une résilience humaine hors du commun : dans l’obscurité la plus totale, la pensée de ceux qu’il aime l’a maintenu en vie.