Le musée d'Art de la ville de Bat Yam propose une ode au communisme

Maya Margit

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"The Kids Want Communism" at the Bat Yam Art Museum
Maya Margit/i24news"The Kids Want Communism" at the Bat Yam Art Museum

L'exposition “Les enfants veulent le communisme” marque les 99 ans de la révolution d'octobre 1917

Il y a 99 ans, en octobre 1917, les bolcheviks renversaient le régime tsariste en Russie: l'Union soviétique venait de naître. Pour marquer la révolution d'Octobre, les musées et les institutions de plusieurs pays à travers le monde organisent des expositions, des projections et des séminaires.

En collaboration avec la Grèce, l'Ukraine, la Pologne, la Slovénie et la République tchèque, le Musée d'Art de la ville de Bat Yam, dans le centre d'Israël, présente une série d'expositions annuelles intitulées "Les enfants veulent le communisme".

Bien que la plupart des régimes communistes se soient effondrés à la fin des années 1980 et au début des années 1990, Joshua Simon, le responsable de l'exposition, croit que le bolchevisme n'est "pas une histoire terminée".

"Marquer les 99 ans de la révolution d'Octobre -la révolution bolchevique- nous permet de faire quelque chose de différent que s'il s’agissait du centenaire. Nous pouvons explorer ce qui aurait pu se produire, ce qui aurait dû se produire, ce qui ne devrait pas s'être produit, ce qui pourrait encore se produire", a confié Simon à I24news. "Ces 99 (années) suggèrent un fragment manquant, qui appelle encore à notre engagement et à notre implication".

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Maya Margit/i24news“Les enfants veulent le communisme” au musée d'Art de la ville de Bat Yam

Plus de deux décennies après la chute de l'Union soviétique, l'exposition à Bat Yam espère fournir un espace de discussion autour de la perspective communiste. Une grande partie de l'art exposé est l'oeuvre d'artistes israéliens contemporains.

Raanan Harlap a collecté des objets utilisés pendant la construction de bâtiments pour créer une installation conçue pour imiter les premiers logements publics en Israël. Selon Amidar, une société de logements appartenant à l'Etat fondée en 1949, plus de la moitié des logements construits en Israël au cours des années 1950 et 1960 étaient des logements publics.

"Le logement était une évidence", explique Harlap. "Ce n'était pas quelque chose d'inaccessible dont on pouvait seulement rêver. À l'époque, il était presque tenu pour acquis que les gens auraient un toit au-dessus de leurs têtes. Cette notion est peut-être reliée au communisme ou à l'idée voulant que certaines choses ne sont pas destinées à être commercialisées".

La science-fiction et le rêve communiste

Mis à part l'art contemporain, des œuvres de l'époque soviétique sont également présentées.

"Aelita, reine de de Mars" (1924) est considéré comme le premier film de science-fiction soviétique. Avec ses paramètres cubo-futuristes et sa représentation imaginaire de la société martienne, il a été une source d'inspiration du classique de Fritz Lang, "Metropolis", réalisé trois ans plus tard.

"(Aelita) est basé sur un roman et le roman lui-même raconte en fait l'histoire d'une révolution communiste sur Mars, mais elle échoue", note Simon.

Dans le film, le personnage principal se rend sur la planète rouge et participe à une révolution qui cherche à renverser les suzerains aristocratiques asservissant la classe ouvrière. C'est toutefois un Etat totalitaire qui prend rapidement sa place.

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Maya Margit/i24news"Aelita" de Yakov Protazanov (1924)

Initialement apprécié par le Parti communiste au pouvoir en URSS, le film a ensuite été interdit par la critique stalinienne en raison de ses thèmes subversifs.

D'autres œuvres de l'exposition soulignent l'importance de Mars et de ses liens avec la révolution d'Octobre. L'oeuvre "Étoile rouge" de Noa Yafe présente un diorama de la planète rouge et d'un vaisseau spatial vide qui y a atterri dans les années 1970.

"La planète rouge symbolise essentiellement le drapeau rouge", explique l’artiste. "(C’est le concept d’) aller dans un autre endroit et d'y construire là une nouvelle idée. Un lieu où tout le monde est complètement égal, en quelque sorte", ajoute-t-elle.

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Maya Margit/i24newsL'oeuvre "Étoile rouge" de Noa Yafe

À bien des égards, la science-fiction s'apparente à la pensée révolutionnaire en offrant la possibilité de voyager dans le temps ou dans l’espace. L'Union soviétique a utilisé le genre, en plein essor à l'époque, des sociétés utopiques libres de ce qu'elle appelait "le joug du capitalisme".

Les souvenirs d'enfance, admirer les étoiles, regarder des films de science-fiction et rêver d'un avenir autre... comme Mars, ces éléments se combinent dans cette exposition pour symboliser les idéaux inatteignables du bolchevisme. Tout comme la planète rouge, ils restent un horizon lointain à jamais hors de portée.

Maya Margit est journaliste à I24news.

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