Netanyahou fustige le NYTimes après la publication d'une tribune de Barghouti

Des Palestiniens brandissent des drapeaux avec le portrait de Marwan Barghouti, leader de la deuxième Intifada condamné à la perpétuité, lors d'un rassemblement à Ramallah
ABBAS MOMANI (AFP)
Un vice-ministre israélien a qualifié l'initiative d'"attaque terroriste journalistique"

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a fustigé mardi le New York Times pour avoir publié une tribune du terroriste palestinien Marwan Barghouti décrit par le quotidien comme un "dirigeant palestinien et parlementaire", sans faire mention de ses cinq chefs d'accusation pour terrorisme et meurtre d'Israéliens.

Netanyahou a déclaré que l'omission de ces mentions faite par le journal équivalait à qualifier le président syrien Bashar al-Assad de "pédiatre".

"J'ai lu dimanche l'article dans The New York Times qui présente l'archi-terroriste Marwan Barghouti comme un leader et un parlementaire", a déclaré Netanyahou lors d'une visite dans la ville méridionale de Dimona. "Le papier s'est rétracté après que nous lui avons signalé".

"Qualifier Barghouti de leader et de parlementaire revient au même que de qualifier (le président syrien) Assad de pédiatre. Ce sont des meurtriers et des terroristes", a ajouté le Premier ministre.

Israël envisage une action punitive contre le quotidien américain, voire la fermeture éventuelle de son bureau en Israël suite à la publication de cette tribune, avait indiqué plus tôt le vice-ministre israélien en charge de la diplomatie Michael Oren.

Oren a qualifié le texte d'"attaque terroriste journalistique" et déclaré qu’Israël devrait envisager une action punitive contre le journal pour avoir publié des "fausses informations" remplies "de mensonges".

"Si quelqu'un au sein de la rédaction l'a aidé [à faire passer sa tribune], le New York Times devrait être tenu pour responsable", a déclaré Oren à la radio militaire israélienne.

i24NEWS

Conscient que cette action pourrait être perçue comme "extrême", Oren a précisé qu’il existe un précédent datant du début de la Seconde intifada lorsqu’"'Ariel Sharon avait pris la décision de fermer les bureaux de CNN" estimant que la chaîne avait "aidé les terroristes".

CNN avait été fustigée à cette période pour sa couverture jugée "anti-israélienne" des événements mais les locaux israéliens de la chaîne n'avaient pas été fermés.

Plusieurs autres politiques israéliens s'en sont également pris au New York Times suite à la publication de la tribune de Barghouti décrivant la grève de la faim de plus de 1 000 prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes.

L'ambassadeur d'Israël à Washington a accusé la rédaction d'avoir délibérément publié l’article le dernier jour de la Pâque juive afin de retarder la réponse du gouvernement israélien.

Le New York Times a ensuite publié une note au bas de la tribune indiquant que "cet article explique la peine de prison de l'auteur, mais néglige de fournir un contexte suffisant quant aux infractions pour lesquelles il a été condamné" précisant ensuite qu’il y a été condamné pour "cinq chefs d'accusation de meurtre ainsi qu''appartenance à une organisation terroriste".

Contacté par i24NEWS, le New York Times a indiqué qu’il ne reviendrait plus sur l’affaire et que son explication suffisait.

Commentaires

(0)
8Article précédentEN IMAGES: Les députés israéliens célèbrent la fin de la Pâque juive
8Article suivantLe terroriste palestinien ayant tué une étudiante britannique "voulait mourir"