Israël doit "grandir" et décider de sa frontière orientale (ex-ambassadeur US)

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L'ancien ambassadeur des Etats-Unis, David Friedman, est l'invité du Prime avec Jean-Charles Banoun le jeudi 7 octobre 2021
Capture d'écran/ i24NEWSL'ancien ambassadeur des Etats-Unis, David Friedman, est l'invité du Prime avec Jean-Charles Banoun le jeudi 7 octobre 2021

"Je suis convaincu que le monde respectera Israël lorsqu'Israël se respectera lui-même"

"Israël seul peut prendre des décisions déterminantes pour son avenir, et cela peut commencer par une clarification de sa frontière orientale", a déclaré l'ancien ambassadeur américain en Israël, David Friedman, lors de la deuxième conférence sur le conservatisme israélien, qui s'est tenue à Jérusalem jeudi.

"Israël devrait fonder ses politiques sur un consensus national et défendre ensuite cette politique sans condition ni excuse", a-t-il affirmé.

"Une nation adulte décide pour et par elle-même ce qui est le mieux pour ses citoyens. Respectez vous vous-mêmes et votre droit, je dirais même que votre obligation consiste à tracer la bonne voie pour l'État juif. C'est ce que fait une nation adulte", a-t-il souligné. "Tout le monde ne sera pas d'accord avec vous, mais tout le monde vous respectera".

L'exemple principal de M. Friedman portait sur la question de la frontière orientale d'Israël. "Cette question apparemment simple, à laquelle la plupart des gens répondraient qu'elle longe le Royaume de Jordanie, n'est pas si simple", a-t-il expliqué. "Certains diront que c'est le Jourdain ; d'autres diront que c'est la ligne d'armistice de 1949 ; d'autres encore diront que ce sont les blocs des implantations".

"À l'heure actuelle, le discours est totalement confus et peu convaincant. Tous les dirigeants politiques depuis Menahem Begin, y compris Yitzhak Rabin et ceux associés au camp de la paix, se sont engagés à assurer une présence israélienne importante en Judée et Samarie. Mais qu'est-ce que c'est?", a-t-il interrogé.

"En fin de compte, sans l'application de la souveraineté, au moins dans certaines parties de la Judée et de la Samarie, il n'y aura jamais de résolution du conflit israélo-palestinien", a estimé M. Friedman au média JNS

"Il devrait être évident pour tout le monde que le problème ne s'améliore pas. C'est un dilemme vieux de 55 ans, et je pense que plus Israël ne prend pas sa souveraineté au sérieux, plus il est difficile de convaincre", a-t-il dit.

Par ailleurs, M. Friedman a déclaré que depuis la fondation d'Israël en 1948, le pays a géré ses relations avec l'Amérique en recalibrant sa politique pour s'aligner sur n'importe quelle administration américaine qui se trouvait être au pouvoir.

 "La relation est importante mais rebondir pour s'adapter aux politiques et aux excentricités d'une puissance étrangère n'est pas une bonne façon de gouverner", a-t-il soutenu.

"Aussi crucial qu'il soit pour Israël de maintenir de bonnes relations avec ses alliés, en particulier les États-Unis, Israël doit d'abord déterminer par ses canaux démocratiques quelle est la bonne voie, et seulement ensuite faire valoir ses arguments au monde", selon l'ancien ambassadeur.

"Je suis convaincu que le monde respectera Israël lorsqu'Israël se respectera lui-même", a-t-il ajouté.

M. Friedman a exprimé l'espoir que le plan de paix de Donald Trump pour le Moyen-Orient soit ressuscité, le décrivant comme "révolutionnaire dans la mesure où il n'exige pas qu'un juif vivant n'importe où en Judée et Samarie soit évacué de sa maison."

"Je soulignerais que c'était l'un des véritables moteurs des accords d'Abraham. Donc, non seulement c'était un modèle pour la paix, mais c'était quelque chose qui a créé un environnement où Israël a pu normaliser ses relations avec quatre nations musulmanes", a-t-il dit.

"Bien qu'Israël ait pris des engagements de paix par le passé, ce qui a différencié le plan Trump et rendu les accords d'Abraham possibles, c'est le soutien sans précédent de l'Amérique à Israël, notamment le déménagement de l'ambassade américaine à Jérusalem, la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan, et le rejet de l'idée que les implantations israéliennes étaient illégales", a-t-il expliqué.

"Nous avons démontré aux pays du Golfe et au monde entier que les États-Unis et Israël sont inséparables, et que d'autres nations pourraient aussi entrer dans ce cercle de confiance", a-t-il martelé.

"Il faut une Amérique forte pour faire avancer les Accords d'Abraham, et actuellement, nous avons une Amérique très faible", a-t-il déploré.

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