Israël : Ayelet Shaked refuse le droit d'asile à une femme menacée d'excision

i24NEWS

3 min
La ministre de l'Intérieur sortante Ayelet Shaked
Yonatan Sindel/Flash90La ministre de l'Intérieur sortante Ayelet Shaked

La ministre a mis excision et circoncision sur le même plan

La ministre de l'Intérieur sortante, Ayelet Shaked, a ordonné mardi l'expulsion d'une femme venue de Sierra Leone qui avait demandé l'asile en Israël car elle était susceptible de subir des mutilations génitales si elle rentrait dans son pays.

La ministre a en effet estimé qu'"une distinction devait être faite entre différents degrés de sévérité des procédures d'excision, et qu'en tout état de cause, il n'y avait aucune crainte qu'une femme mature comme cette migrante soit forcée de la subir contre son gré", selon un communiqué de son bureau.

Ayelet Shaked a en outre comparé la pratique de l'excision à la circoncision rituelle juive des bébés de sexe masculin. "Il est impensable que l'État d'Israël nuise à ses intérêts souverains et accorde l'asile politique pour une persécution présumée, similaire ou proche par essence d'une coutume commune à ses propres citoyens", a-t-elle déclaré.

Yonatan Sindel / Flash90
Yonatan Sindel / Flash90Photo illustrative d'une circoncision

"Non seulement cela serait contraire à la logique et disproportionné, mais cela contredirait également le principe d'égalité devant la loi, puisqu'il en résulterait que l'Etat permettrait l'accomplissement d'une certaine coutume sur ses citoyens de sexe masculin, tout en offrant une protection contre des préjudices similaires aux filles, qui ne sont même pas ses citoyens et séjournent dans le pays illégalement", a ajouté la ministre. "Une telle politique serait une absurdité totale", a conclu Ayelet Shaked, dont le parti Foyer juif n'a pas franchi le seuil d'éligibilité pour entrer à la Knesset à l'issue des dernières élections. 

Soulignant par ailleurs "la tendance alarmante dans les pays occidentaux à comparer les mutilations génitales féminines à la circoncision masculine, qui conduit à des appels à interdire aux citoyens juifs de pratiquer la circoncision", la ministre sortante a pointé l'obligation d'Israël de veiller au bien-être des Juifs vivant en diaspora. 

"Il faut tenir compte des conséquences possibles de la reconnaissance générale et aveugle de tous les types d'excision féminine comme motif pour accorder le statut de réfugié", a-t-elle déclaré à propos des mesures prises dans un certain nombre de pays européens pour interdire toutes les mutilations des organes génitaux. Une organisation à à but non lucratif dédiée à l'aide aux réfugiés et aux migrants en Israël s'est dite "choquée" par cette décision, accusant Ayelet Shaked de soutenir, par son action, les mutilations génitales féminines.

Il y a deux ans, la Cour suprême a statué que la menace de mutilation génitale féminine était un motif d'octroi de l'asile, mais le ministère de l'Intérieur s'était opposé à cette décision. Au cours de son mandat, Ayelet Shaked a adopté une ligne dure contre les migrants illégaux, dont beaucoup ont fui leur pays d'origine en Afrique pour se réfugier en Israël.

Cet article a reçu 22 commentaires